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04/04/2006

1904,1905,1906 la montée des difficultés . Le Midi laissera-t-il la betterave tuer la vigne?

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Après le répit de 1903, la récolte 1902 s’étant relativement bien vendue, la fin de 1903 et le début de 1904 sont marqués par les grèves des ouvriers agricoles qui entraîneront un changement de stratégie professionnelle des organisations viticoles. Le 25 novembre débute une grève à Nézignan l’Evêque à côté de Pézénas. Puis s’étend aux cantons de Béziers, puis aux cantons de Servian, Agde, Capestang, Coursan, Narbonne, Sigean, Rivesaltes.

Le 12 janvier il y a plus de 6 000 salariés en grève. Dans la seconde quinzaine de janvier 1904 Roujan Mèze, Gignac, Lézignan-Corbières, sont touchés, début février nouvelle reprise. Partie du biterrois et du Narbonnais, la grève s’étend jusqu’à Montpellier au-delà de Carcassonne, jusqu’à la frontière espagnole. Sérignan inaugure une nouvelle méthode, patrouille dans la campagne et poste de garde à l’entrée du village, souvent le taux de participation à la grève est de 100%.. Les grévistes demandent et obtiennent souvent l’appui des municipalités, chantiers communaux, distribution de pain et légumes. Les locaux des bourses du travail sont utilisés pour les réunions et le logement des domestiques en grève qui n’ont plus le logement du patron. Les syndicats organisent tous les soirs des animations dans les rues, avec clairon et tambour, chant en chœur de la Carmagnole et de l’Internationale ou d’autres chants du même type.

Le président du Conseil Emile Combes se montre favorable au mouvement, demande aux Préfets et sous-Préfets d’appliquer la loi de 1892, création du Comité de conciliation, chaque partie désigne soit un ou plusieurs arbitres, soit un arbitre commun, si ce conseil d’arbitrage échoue à son tour, le président du tribunal civil doit désigner un autre arbitre. De nombreuses conventions sont signées et le mouvement est un succès pour les salariés qui voient leurs conditions de travail s’améliorer. Mais le 2 décembre 1904 le principal syndicat régional déclare la grève générale a cause de la remise en cause de certains accords, au début du mouvement plus de 9000 grévistes mais le gouvernement a changé d’attitude, la troupe intervient, il y a des arrestations, les tribunaux prononcent des condamnations, la grève générale est un échec.

Mais l’affaiblissement des cours et la mévente des vins se développent à nouveau, et le 20 janvier 1905 un congrès viticole régional est convoqué à Béziers par le syndicat professionnel agricole de Béziers, pour 3 jours de Congrès, il y a 1900 délégués, 250 municipalités, 350 collectivités agricoles et commerciales, des PO au Var y compris Chambres et Tribunaux de commerce, et 3 délégués du principal syndicat des salariés agricoles. Une politique viticole est définie. Un Comité régional de défense viticole du Midi est chargé de prolonger l’action du Congrès. L’action directe (refus de l’impôt, démission des élus) est repoussée par la majorité et l’action parlementaire est privilégiée. C’est alors que La société départementale d’encouragement à l’agriculture de l’Hérault qui compte 4000 adhérents, publie un texte qui sera la base des revendications de 1907. Elle adjure tous les représentants du Midi au Parlement de poursuivre sans trêve la réalisation de ses vœux. Elle espère trouver un égal appui auprès de tous ouvriers et propriétaires solidairement unis pour l’œuvre de salut commun ! L’heure est grave ; il s’agit de savoir si le Midi laissera la betterave tuer la vigne !!!
Tout est dit, et nous en sommes aujourd’hui au même niveau, la chaptalisation est une des causes de la crise viticole de 2006, mais peu de responsables acceptent de le reconnaître.

A suivre……

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