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08/01/2015

Disparition de Yves Rouquette, Camarès (12360) 04-01-2015.

 

Yves Rouquette, chantre de la culture occitane, est mort dimanche 4 janvier à l'âge de 78 ans à son domicile de Camarès, (12360) dans l'Aveyron. Il aurait eu 79 ans en février 2015. Il est de ma génération.

 

Militant de la reconnaissance de la langue occitane, enseignant, auteur de nombreux ouvrages dans ce domaine, cocréateur de l'IEO, Institut d'étude occitane à Béziers. L'un de ses ouvrages «  De la vinha, del vin e dels ômes  » «  IEO 1987  » a suivi mon «  Histoire et avenir des vins du Languedoc  » (Privat 1985) qui l'a inspiré et dont il s'est nourri.

 

 

 

Né en 1936 à Sète, Yves Rouquette, qui exerça longtemps son métier de professeur de français à Béziers, s'est imposé au fil de ses écrits et de son action comme une figure incontournable de la défense et de la promotion de la langue occitane. Il fonda ainsi la revue Viure (1965-1973) et fut un des principaux animateurs du mouvement «  Volèm viure al païs  » («  nous voulons vivre au pays)

 

 

 

 

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31/12/2014

Classes sociales moyennes et autres?

« Le concept de classes moyennes est vague. Les « classes moyennes supérieures » sont le plus souvent des couches aisées rebaptisées « moyennes » dans les années 2000 pour profiter des politiques de baisses d’impôts. Un grand nombre de commentateurs considèrent qu’une personne seule dont le revenu mensuel après impôts s’élève à 3 000 euros appartient au groupe moyen, alors qu’elle figure parmi les 10 % les plus favorisés. Pour clarifier le débat, l’Observatoire des inégalités reprend le découpage suivant, identique à celui utilisé par le Credoc : les 30 % les plus démunis composent les catégories « modestes ». Les 20 % les plus riches composent les catégories « aisées ». Les classes « moyennes » se situent entre les 30 % les plus démunis et les 20 % les mieux rémunérés. Elles représentent 50 % de la population. classes_moyennes_centre_obs4.jpg

Les chiffres de l’Insee dévoilent aussi une autre face de la réalité :

la très forte progressiondes inégalités. En 2002, le cinquième le plus

pauvre de la population française percevait 9,3 % du niveau de vie total.

Il en perçoit désormais ,en 2014, 8,7 %, soit 0,6 point de moins,

ce qui représente environ 6 milliards de moins que ce qu’il aurait perçu

si la répartition des revenus ne s’était pas déformée à son détriment.

Pendant ce temps, dans le cinquième le plus riche, c’est l’inverse qui s’est produit :

de 37,7 %, sa part dans le revenu total est passée à 39 %, soit 1,3 point de plus,

donc un gain supplémentaire d’environ 12 milliards issu de la déformation de la

répartition des revenus à son avantage.

Et l’on entend ces pauvres privilégiés hurler à l’oppression fiscale parce que l’État

viendrait leur reprendre une part de ce surplus ?      

Lecture : au seuil du 1er décile (10 % des Français gagnent moins)

les Français ont perdu 3 points de pouvoir d'achat entre 2008 et 2010, t

andis qu'au seuil du 9e décile (10 % des Français gagnent plus) ils en ont gagné

1 et même 2 si on s'intéresse

au centile 95 (5 % des Français gagnent plus). Source : Insee

Il faut lire l'ouvrage d'un économiste français internationalement reconnu,

Thomas Pikelly (Le Capital au XXI° siècle) Qui démontre dans ses

études approfondies, que ,dans de nombreux pays, au niveau mondial,

les inégalités de revenus (et de pouvoir) progressent, parfois rapidement.

C'est le cas en Europe, mais aussi aux USA.

Le Monde de la Finance établit son emprise , aidée par la mondialisation,

et les catégories sociale favorisées unissent leurs forces pour développer

leur influence sur l'économie mondiale, ce qui explique la croissance des inégalités.

Les classes sociales favorisées se rendent-elles compte que cette situation

pourrait entraîner des risques futurs de relations difficiles entre

classes sociales opposées ?

 



17/12/2014

mes 80 ans entouré des miens

11/05/2014

Les 80 ans de Jean Clavel!                      Photo

Belle journée, brasucade et méchoui pour les 80 ans de Jean Clavel, mon beau-père

(qui me supporte depuis plus de quarante ans!),

figure emblématique du monde viticole, au magnifique Domaine d'Assas, de Pierre, son fils. Dans leurs veines coule non pas du sang, mais du vin! Ils sont liés à la terre, aux ceps de vigne depuis des générations, et la relève est déjà assurée avec les petits enfants, Antoine, Martin, et qui sait, Thomas (ou Adrien?). Toute la vie de Jean a été dédiée à l'amélioration de la qualité des vins de notre région, désormais reconnus...

Accueil chanté, avec ses amis occitans du "Cocut"

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Brasucade de Pierre, avec sa touche finale d'huile, moutarde, câpres, cornichons, piment.

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La jolie Lison avait tressé la crinière de Bayard.

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L'homme et le cheval de trait, Bayard, dernière acquisition de Pierre et Estelle. Bayard a été rebaptisé en hommage au dernier cheval de la famille Clavel.  Pierre a lu un texte que Jean avait écrit et que l'on peut retrouver sur son blog

http://1907larevoltevigneronne.midiblogs.com

...C’était une après midi de fin octobre 1958 après les vendanges, il faisait beau temps, sans vent, j’ai demandé à mon grand père Raoul s’il voulait m’accompagner pour faire le tour des terroirs du village.  J’ai attelé pour la dernière fois, Bayard,  le  bâtard barbe alezan, à la jardinière. C’était sa dernière sortie,  ces jours prochains on viendrait le prendre pour la boucherie chevaline. La grande écurie avec tous ces harnais suspendus aux murs, ces crèches de pierre, ces râteliers de fer courant tout au long du bâtiment, l’escalier de bois conduisant au pallier, le grand coffre à avoine, tout cela n’avait plus d’utilité, de même que  les outils de culture de la vigne et leur attelage, les charrettes à grosses roues de bois.

            J’avais le sentiment très net, très clair, que nous changions d’époque, de culture, de génération, le tracteur vigneron, la mécanique, et plus tard la chimie, allaient remplacer le laboureur qui vivait au rythme des pas du cheval. Et pour mon grand père, né 74 ans plus tôt, et qui allait s’éteindre 3 ans plus tard, c’était la fin d’une vie professionnelle, toute consacrée à la vigne, plus qu’au vin, suivant des principes de culture viticole appris de son père. Il ne taillerait plus les souches en gobelet, cherchant pour chacune, la meilleure orientation, la coupe franche sur le deuxième  bourgeon, laissant 6 coursons francs, bourre et bourrillou et ne serait plus l’animateur attentif de l’équipe de vendangeurs, ramassant derrière la « colle », les raisins oubliés et aidant ceux, qui en retard sur leur rang de vigne, risquaient de ralentir la coupe, que la mousseigne, femme de tête au propre eu figuré, tirait devant.

Les vignes commençaient à prendre leur teinte d’automne, et les couleurs de chacun des cépages étaient plus vives et marquées. Il avait plu quelques jours avant, et l’on sentait la végétation revivre après l’intense sécheresse de l’été. Passant par les chemins en bord de garrigue, on percevait de multiples senteurs des plantes aromatiques, le thym, le romarin, les lavandes, les  arbrisseaux, comme le genévrier cade dont on extrayait une huile médicinale et vétérinaire à l’odeur puissante. On voyait de loin les damiers des cépages, l’alicante-bouschet, métis de grenache et de teinturier du cher, au violet foncé tirant sur le noir, quelques vieux aramons au vert pâle, la masse des carignans aux souches puissantes, aux bras noueux, dont une partie des feuilles prenaient la couleur rouille,  les grenaches au vert tendre et aux sarments orangers tranchaient.

Mon grand père était silencieux, pensif, et je sentais bien qu’il était conscient de vivre une dernière étape de sa vie professionnelle, que l’on ne reverrait plus la cohorte des chevaux de labour, partant vers les terroirs vignerons, pour faire la labour d’automne, couvrant les rangs de souche pour l’hiver, enterrant les herbes, le margail ou l’herbe blanche qui avaient repoussé avec la pluie de l’équinoxe. Que l’on ne sentirait plus l’odeur puissante de la terre retournée, vivant de ses milliers de vers de terre, qui la nourrissent et font prospérer le terroir. Cette vie du terroir entretenue par le fumier de cheval, 20 000 chevaux pour le département, soit 200 000 tonnes par an.

Ce terroir de basse Corbière, comporte, je devrais rire comportait, car l’urbanisation en habitat et en bâtiments industriels, en a déjà rogné une partie, une zone de vignobles en bordure de garrigue, la plus qualitative, qui s’étend principalement autour d’un ancien étang asséché, planté de vignes  lui aussi,  et plusieurs petits bassins entourés de garrigues de chêne kermès et de pinèdes.

Nous allâmes vers les Pradines, terroir argilo calcaire, aux croupes presque toutes plantées,  par la route de Marcorignan, passant devant une de nos vignes, au dessus du chemin,  qui avait plus d’un siècle, plantée par un arrière grand père au pal-fer, le Clos des Pierres, bien nommé,  exposé plein sud,  que l’on ne pouvait cultiver qu’au dental, car il y avait des émergences de rocher. Ces plantations, dans ces terrains difficiles, les meilleurs  qualitativement, étaient autrefois pratiquées par une barre de fer appointée d’un côté et que l’on enfonçait d’un bon demi mètre, à l’aide d’une masse de 5 kilos, pour faire l’emplacement du plant raciné de rupestris, greffé en place de carignan, 2 ans après. Il y avait dans cette vigne quelques ceps de « rognons de coq » blancs aux longues grappes à gros grains à la peau résistante, que l’on cueillait tardivement afin de les suspendre au grenier de la maison familiale pour  la table pour Noël ou pour les mettre dans l’eau de vie. Je me disais que cette vigne, comme Bayard, ne résisterait pas à la mécanisation de la culture. Après les Pradines en route vers Bouco Cers en passant par le Pech Montjieux, où se trouvait l’une de vignes de blanc, sur la pente assez élevée, au couchant, exposée au cers dominant. C’était des cépages mêlés de clairette, de grenache blanc, de muscat, de bourboulenc, de picpoul sur un sol détritique parsemé de galets et roches fracturées, que l’on récoltait tardivement pour mettre au pressoir et en demi muid. Bouco Cers est un ensemble de vignes en bordure de garrigue à l’extrémité  sud est du bassin principal, se terminant par un col,  au nom évocateur du souffle puissant du vent  Nord Ouest dominant. Au 19° siècle la plus grande partie du vignoble du village appartenait au château de l’antique famille des de Montredon, il était le principal employeur et les ouvriers agricoles avaient progressivement défriché et planté des petits bassins de garrigue et  constitué des exploitations. Fin du 19° un conflit au sein de la famille des châtelains, avait provoqué la vente au tribunal d’une partie de la propriété. L’arrière Grand Père Pigassou, qui était aussi régisseur du Château, s’était porté acquéreur de Bouco Cers, d’autres membres de notre famille, et des petits vignerons avait acheté le reste. Ces pentes argilo calcaires sont de bonnes terres à vigne, résistant bien à la sécheresse estivale par un enracinement profond, au couchant, à la maturité tardive,  ce qui leur permet de bénéficier des premières pluies d’automne. Très venté, ce terroir bénéficie de conditions climatiques limitant les risques de maladies comme le mildiou ou le botrytis de fin de saison. Raoul n’était pas très communicant, il faisait quelques commentaires sur la récolte rentrée, sur la culture de telle ou telle parcelle d’un voisin, il avait toute sa vie élaboré son vin, et acceptait mal que l’on apporte maintenant la récolte à la coopérative, il avait été des derniers vignerons du village a accepter cette décision inévitable, étant donné la vétusté des installations vinaires.  

                                       Continuant a suivre la bordure du bassin principal, à la limite du terrain classé Corbières, Bayard nous emmenait vers le Pont de Montredon et Cap de Pla, le plus beau des terroirs, plein sud, toujours bord de garrigue, en limite de la route nationale 113, sol de formation détritique, mélange d’argile et de sables marins aux résultats qualitatifs remarquables, les meilleurs de la commune, sur de vieux carignans de 80 ans, et des grenaches plus jeunes. De là, par le Pont de Montredon, qui a été le lieu de nombreuses manifestations vigneronnes dans le passé, et le 4 mars 1976 d’une fusillade entre les CRS et les viticulteurs faisant 2 morts dont le commandant Le Goff  et le vigneron Pouytès,  nous nous dirigeons vers le Castellas et les Gourgues, ou au bord d’une dépression entourée de garrigues, au fond de laquelle coule une source qui alimentait depuis l’époque romaine la ville de Narbonne, un beau terroir, un peu froid, à la vendange tardive, résistant bien à la sécheresse, argilo calcaire facile à cultiver, entouré des plantes odorantes de farigoule, de ciste, de romarin qui transmettent ces arômes aux raisins. Nous prenons ensuite le chemin du retour, par le Pech de Montredon, col de Chèvre, et Clottes terrains très filtrants et pauvres, vieilles vignes de cépages aspirans blanc et gris très qualitatifs aujourd’hui disparus. Entrant au domaine, nous avons dételé pour la dernière Bayard, et Raoul tristement le ramena dans sa loge.

Depuis cette époque, bien des choses ont changé, le tracteur a permis d’augmenter la surface exploitée par chaque vigneron, mais le sol continuait à vivre grâce aux réserves humiques accumulées par les générations antérieures. Mais il fallut aller plus loin, et la simazine fut le premier désherbant expérimenté, qui entraîna de nombreux autres produits chimiques. Petit à petit on cessa de travailler le sol, et les vignes étaient « très propres » suivant les dires de viticulteurs du moment. Mais la vie du sol s’est étiolée et on refuse d’évaluer ce que ce mode de conduite de la vigne, a de dommageable sur le fonctionnement des terroirs par la stérilisation des sols. En réaction, pour le moment marginale,  une orientation nouvelle se développe progressivement, c’est la production bio des raisins. C’est ce que mon fils réalise en particulier sur La Méjanelle, terroir des Grès de Montpellier...

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Kikou, Anne-Marie, Jean Clavel, descendants de Raoul le vigneron...

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Le méchoui, farci de semoule, cuit à la broche durant 5 heures, caressé par les parfums de la garrigue, et dégusté en chansons avec "lo cocut"

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Encore de nombreuses et belles années à parcourir la garrigue aimée!

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