10.04.2012
Inflation démocratique et administrative !
1 élu pour 107 habitants, près de 1000 parlementaires, près de 80 députés européens, de 2000 conseillers régionaux, de 4000 conseillers généraux,et 530 000 élus municipaux, qui souvent sont délégués à l'intercommnalité, syndicat de communes, SIVU, SIVOM, communauté de communes, ou Agglomération qui, maintes fois, possèdent leur propre budget et fiscalité !!
La France est championne du monde de l'empilement de structures « dites » démocratiques symbole de l'obésité de notre organisation politique et administrative. Cette situation a un coût , indemnités diverses , frais de déplacements, et autres dépenses administratives, en plus du manque d'efficacité dû à la lourdeur des prises de décision et à la concurrence entre services dont la fonction est souvent en double ou triple rivalité.
J'attendais, j'espèrais que la campagne électorale présidentielle 2012, permette de clarifier cette situation ubuesque et fasse apparaître des politiques destinées à la réduire, d'autant que la crise de la dette va nous obliger a réviser les dépenses collectives. Mais les débats publics engagés par les principaux candidats et leurs partis, les commentaires médiatiques, et les péripéties de l'actualité saisis opportunément pour dévier l'attention des électeurs vers des sujet polémiques, loin des réalités vécues et de l'avenir prévisible au lendemain des élections, ces débats publics sont loin de répondre à cette attente.
Le poids des formalités administratives subies par les petites et moyennes entreprises françaises constitue en obstacle majeur à leur développement et l'exportation de leur produits et services. Ces obstacles ne cessent de progresser .
J'ai un exemple relatif à la production viticole: nous avions, il y a une dizaine d'année, une organisation collective des vignerons efficace et relativement légère, des syndicats au libre accès géraient sous la tutelle éclairée d'un organisme compétent né en 1936, les productions à appellations, les dénominations de vins de pays faisaient de même sous un Office des Vins.
En 2007 une décision gouvernementale prise par ordonnance, a brutalement, sous prétexte de nouvelles règles européennes, changé tout cet ordonnancement efficace et simple.L'ensemble de tous les signes de qualité agricole et viticoles ont été soumis à un organisme unique, les syndicats sont devenus des structures administratives sans pouvoir, à adhésion obligatoire, des cahiers des charges complexes ont remplacés les décrets historiques, le contrôle de l'exécution des cahiers de charges par les producteurs et les opérateurs de la filière sont effectués par des organismes indépendants soit d'inspection, soit de contrôle, chaque niveau prélevant des cotisations pour assurer les frais de fonctionnement et pour certains les bénéfices éventuels. Tous les opérateurs de la filière doivent faire agréer leurs vignobles et installations.
Des organismes interprofessionnels contrôlés par le mistère des finances prélèvent des cotisations obligatoires sur les produits mis en marché, destinées à établir les statistiques et de financer certaines opérations de promotion collectives. Les producteurs et la finière de mise en marché doivent assurer la traçabilité des produits par millésime, par parcelle de production et par appellation ou dénomination.
Lorsqu'il s'ajoute à cela, comme c'est notre cas, un agrément de production biologique, avec tout ce que cela comporte de contrôles, de traçabilité, de produits utilisés en culture et en cave, par d'autres organisme et services, plus les formalités douanières et administratives d'export, il faut une personne à plein temps pour gérer toutes ces formalités, qui ont en définitive un coût important.
Rien dans les débats actuels ne permet d'espérer une évolution positive limitant et le coût de l'empilement des structures politiques et de la lourdeur administrative de l'économie. Les pays voisins de la France le contatent. (extraits Le Monde 31/03/2012)
"La France dans le déni" titre cette semaine (13°) l'hebdomadaire britannique The Economist, qui revient sur la campagne présidentielle française, dont le ton "frivole", qui rappelle selon lui Le Déjeuner sur l'herbe, d'Edouard Manet, est en total décalage avec la situation économique "pariculièrement sombre" du pays. The Economist souligne "la rafale de réformes" conduites en Italie, en Espagne ou en Grèce et prévient qu'"une France léthargique et non réformée pourrait bien se retrouver au centre de la prochaine crise de l'euro".
Et de conclure : "La France insouciante est sur le point d'être rattrapée par la dure réalité, quel que soit le président."
Jean Clavel 10/04/2012
10:44 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.03.2012
Résultats de la réforme des syndicats de vignerons
Nous avions engagé une action judiciaire contre la réforme de règlementation agricole ayant fait disparaître les syndicats de vignerons qui de façon démocratique géraient les appellations et dénominations des vins. Nous avons perdu en Conseil d'Etat, voici le résultat:
J'ai reçu d'un vignerons du Roussillon qui porte un nom trés connu dans cette région la lettre suivante:
il y a de cela 15 jours , lors de la dégustation des IGP de la Côte vermeille , mon vin blanc issu de Marsanne et Roussanne était ajourné suite à la dégustation de l'ODG .
Motifs :amer , oxydé , pas net , ainsi soit il ...(tout les ans la même chanson )
J'ai donc représenté mon vin à l'OI , et ceci sans avoir touché ou bougé quoi que ce soit ( mais avec une facturation en sus ) .
J'obtiens aujourd'hui l'agrément de ce vin grâce à des dégustateurs apparemment plus avertis sur les cépages , que les dégustateurs conviés aux examens IGP de Banyuls , merci à l'OI de rendre à César ce qui est à Jules .
Je pense que nous savons ce que nous mettons en bouteilles , du moins pour une bonne majorité de la profession , un incident peut en effet arriver ,mais nous devons en être conscient si l'on goûte un tant soit peu sa production .
Je considère par contre que mes clients sont les vrais dégustateurs , qui achètent ,et en conséquence jugeront mes vins , par contre ils cesseront de s'approvisionner chez moi si la qualité que je mets en avant n'est pas au rendez vous .
Va t'on me rembourser pour cette deuxième présentation ?: "que nenni " ..
Se rend t'on compte du stress occasionné par tout cela , les hypothèse envisagé à tout niveaux face à ces situations ? NON , l'exploitant doit affronter seul les décisions qui peuvent mener à l'exaspération et parfois au delà .
Tout ceci est bien entendu non facturable ...............
Il n'en reste pas moins que de vrais questions sont à poser ,pour le devenir de notre profession :
- Pour les IGP Côte Vermeille , les dégustateurs choisis , sont ils compétents et connaissent ils les caractéristiques des cépages Blancs du cru autres que : Vermentino , Grenache Gris et Blanc , Maccabeu ?
- Faut ils les éduquer ?
- Les vins de Pays , doivent ils être dégustés comme des AOP quant à leurs qualités gustatives ?
- L'organisme l'ODG est il encore un organisme de "GESTION" , comme sa vocation l'indique ? ou devenu un organisme de contrôle , il n’est plus à en douter puisque
le 14 Mars 2012 le conseil d’administration de l’ODG Banyuls à voté par 6 voix
contre 4 , l’embauche d’und'un contrôleur interne à l'ODG , cout de l’opération 13500 € , qui va payer ?
Alors ODG , ou ODC ou ODS ?
ODC : organisme de contrôle
ODS : organisme de sanctions
- Veut on que l'on vive de sa production ?
- Ayons conscience qu'un refus entrainera une perte de trésorerie à l'exploitant .
- Ne vaut-il pas mieux accompagner que sanctionner ?
- Dans ce contexte , j'ai l'impression que les IGP sont devenus les anciens AOC et que les AOP doivent correspondre ou devenir de supers Appellations ( les Superwines) .
- Il faut laver plus blanc que le blanc , la règle est de fer , et surtout ne pas remettre en question les cahiers de charge , je m'étonne d’ailleurs , que la majorité reste encore silencieuse , pourtant nous savons quelle réprouve un bon nombre de décisions .
Tout à été conçu vite, trop vite , et pour cause ,nous devons cependant revenir à du "RAISONNABLE" , et ceci rapidement , si nous voulons un projet durable , fiable , et surtout permettant aux exploitations de se doter d'une riposte face à la concurrence .
Alors quelles sont les solutions ...........
Produire plus de vins de table , de vins de liqueurs , pour échapper à la nasse mise en place ?, changer de cap ?
Je propose que des réunions aient lieu sur ces sujets pour envisager un avenir peut être différent .
Résister et se battre , mais éviter la mort .
09:18 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.02.2012
Quel développement ?
L'endettement de notre pays, s'est considérablement aggravé depuis quelques années atteignant des sommes énormes qui rendent difficile leur remboursement, même à long terme, sans des modifications structurelles de fonctionnement de notre société. Le seul service des intérêts annuels de la dette publique par le budget de l'État est une charge insupportable.
Les responsables politiques nationaux qui demandent,en cette année 2012, le renouvellement de leur mandat ou ceux qui peuvent prétendre les remplacer, ont le même argument, sans développement économique, permettant la croissance des recettes fiscales, l'équilibre du système budgétaire français entre recettes et charges est impossible, que ce soit celui de l'État au sens strict, ou celui associé , des collectivités territoriales, et du système social dans son ensemble. Mais les principes du développement économique , ceux qui sont enseignés dans les grandes écoles, les universités internationales, ceux mis en oeuvre par les systèmes politiques , et les sociétés mondialisées, concourent au même résultat: ce concept ne recouvre que le sentiment d'une accélération, celle du monde de concurrence exacerbée, qui par le jeu d'acteurs que nos systèmes ont clonés , échappe à tout contrôle. Rien n'est concret , dans ces conditions, que ce qui se traduit par des flux financiers, n'a de valeur que ce qui en génère, et cela dans le très court terme
.Les dérives du fonctionnement des sociétés mondiales font, que plus personne, en dehors de quelques mystificateurs, ne peut nier que nous mettons notre planète en grand danger. Il nous faut réinventer une nouvelle économie où les hommes, partout seront en mesure de produire les réponses à leurs besoins, en harmonie durable avec eux mêmes et avec notre Planète.
Ce qui conduit à l'impossible tâche d'équilibrer , à la fois la préservation d'éléments écologiques et culturels et le marché de l'emploie en voie de désorganisation profonde dans les sociétés dites développées que le libéralisme dominant délocalise vers les zones à bas salaire.
Le débat actuel entre développement économique désordonné que l'on appelle libéral, dominé par des intérêts souvent privés, et le développement durable intégrant tous les aspects des activités humaines, réalisées dans le soucis égalitaire permanent de permettre aux générations futures de conserver et développer les acquis scientifiques, techniques, en matière de santé, d'alimentation, des générations passées, ce débat sera de plus en plus développé et mondial.
C'est en juin 1992, au premier "Sommet de la Terre" organisé par les Nations Unies qu'est consacré le terme de "développement durable". 170 chefs d'Etats et de gouvernements signent un programme d'actions pour le XXIème siècle : l'Agenda 21 qui en dresse les objectifs.
Le développement durable est une expression dont la définition la plus explicite demeure notre capacité à satisfaire nos besoins présents sans compromettre ceux des générations futures, ceci à l'échelle planétaire.
Ce concept dégage de vastes problématiques dans tous les domaines qui touchent à l'interaction des sociétés humaines dans leur cadre de vie : développement humain, environnement et risques, économie, dépendances et solidarité , ce qui conduit à l'impossible tâche d'équilibrer , à la fois la préservation d'éléments écologiques et culturels et le marché de l'emploie en voie de désorganisation profonde dans les sociétés dites développées que les acteurs du libéralisme dominant délocalisent vers les zones à bas salaire.
Le gaspillage des ressources naturelles, en particulier non renouvelables, les activites économiques fondées sur l'obsolescence rapide des matériels et des systèmes, que la méthode généralisée de calcul du PIB (produit Intérieur brut) valorise et conforte, les incohérences des utilisations des ressources énergétiques, en sont les principals aspects.
J'ai bien conscience que ces réflexions, un peu théoriques, sont décalées par rapport aux réalités vécues par une population de plus en plus nombreuse dont les sources d'inquiétudes sont bien réelles . Mais si nous ne proposons pas d'élargir le débat actuel vers une analyse moins terre à terre que celle des candidats à la présidentielle, qui le fera ??
Jean Clavel 14/02/2012
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