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19/01/2016

Paul Ramadier, un exemple d'intégrité

Un exemple d'homme politique vivant de façon frugale
Paul Ramadier
député de l'Aveyron de1919 à1959 « sauf 1940-1944 »
refuse les pleins pouvoirs à Pétain
maire de Décazeville 1919-1959 « sauf 1940-1944 »
Ministre du Ravitaillement du général de Gaule à la Libération
1947 chef du 1° gouvernement de la IV° République
Divers postes ministériel de novembre 1944 à 1956

             Philippe Lamour, dans son ouvrage le cadran solaire raconte plusieurs épisodes de sa vie que la guerre de 1939/1945 a bouleversé. A 20 ans il est le pus jeune avocat du pays et plaide dans plusieurs procès politiques très médiatisés. Il fonde la revue d'avant-garde Plans en 1930, avec des intellectuels comme Le Corbusier ou Fernand Léger. Il élabore une théorie politique appelé planisme, qui influence la Quatrième République ainsi que la cinquième, où il défend le modernisme et prône dès 1931 une politique énergique et belliqueuse contre l'hitlérisme, Il participe à la traduction Française de « Mein Kampf » ouvrage de Hitler, afin de faire connaître ses terribles idées, en particulier raciales.
Il critique vivement l'attitude des autorités pendant la guerre et dénonce le régime de Vichy qui en est la cause. Écœuré par la défaite, il se désintéresse de la politique : il décide de quitter Paris et sa vie trépidante, et de s'installer à la campagne avec sa famille, dans le Gard, pour devenir agriculteur. C'est une nouvelle vie qui commence et qui lui inspirera certaines idées sur l'agriculture.
Après la Libération, il s'engage « au service du redressement de la France » : il devient l'adjoint de Jacques Bounin, commissaire de la République à Montpellier. Il est élu secrétaire général de la Confédération générale de l'agriculture. Il entre au Conseil national du Crédit et à l'Organisation des Nations unies pour l'Agriculture. Ces expériences (notamment en Italie) lui inspirent un grand projet de développement économique et il participe à la renaissance de la Camargue par la riziculture. En 1947 il crée la catégorie des vins de qualité les VDQS. À partir de 1955, Philippe Lamour est le président de la Compagnie nationale d'aménagement du Bas-Rhône et du Languedoc où il entreprend une œuvre d'envergure dans le domaine de l'irrigation. Le canal du Bas-Rhône Languedoc, amenant l'eau du Rhône vers le sud du département du Gard et l'est du département de l'Hérault depuis les années 1960, sera rebaptisé « canal Philippe-Lamour » en mémoire de son œuvre.Il participe au Conseil Économique et Social à Paris. Ce canal est maintenant prolongé vers le bitterois et plus tard le sera vers le Narbonnais.

Il décrit l'attitude et le comportement de Paul Ramadier :
Philippe Lamour raconte :
            J'avais rencontré Ramadier , pour la première fois, , avant la guerre , alors qu'il était secrétaire d’État chargé des carburants dans le Gouvernement Blum. Il arrivait au ministère dans une voiture B 12 Citroën, immatriculée dans l'Aveyron, qu'il conduisait lui même.. Le soir tout le personnel se mettait aux fenêtres pour voir le ministre, enlever sa jaquette, retrousser ses manches de chemise, ouvrir le capot, titiller le pointeau du carburateur pour faire arriver l'essence, Après quoi, d'un coup de poignet décisif, il manœuvrait la manivelle et faisait partir le moteur au quart de tour. Le ministre courait s’asseoir sur le siège pour appuyer sur l'accélérateur et faire ronfler la machine, qu'on appelai la Frémissante.
Un matin, où, en compagnie de Gaspard, son directeur de Cabinet, il se rendait à un Conseil de ministériel, il brûla le feu rouge du pont de la Concorde;Un coup de sifflet impérieux l’arrêta. L’agent arriva à pas lent, fit le tour de la guimbarde,en considérant le N° d'immatriculation, vint s'appuyer familièrement sur le rebord de la fenêtre ouverte, nez a nez avec le ministre, : « Alors pépère,on est venu faire un tour à Paris?On a oublié ses lunettes ? Et le feux rouges, on s'en fout ? Ramadier s'expliquait confusément : veuillez m'excuser monsieur l'agent , cette voiture a le plafond un peu bas T'es sûr que c'est pas toi, pépère qui a le plafond un peu bas ? T'as encore de la chance d'être tombé sur un pays.-Vous êtes de l'Aveyron ? Oui de Bozouls- Alors vous connaissez Mme Puech Honorine C'est la voisine de ma tante Elise ,- Elise la fille d'Honorine, - non c'est la fille de Philomène. Quand tu rentreras là bas, tu lui fera le bonjour de Justin, Justin qui est flic à Paris – puisqu'on est pays ça ira pour cette fois. Allez fout le camp espèce de marchand de marrons ….
Le ministre remit sa voiture en marche , en franchissant le pont, il se tourna vers ses passagers et dit, vous voyez quand on est poli avec les agents, on s'en tire toujours !

                      Nul homme d’État ne fut , plus que Ramadier, indifférent aux prestiges et aux honneurs du pouvoir.Il était venu à la politique par la banale carrière du notable provincial. Ce corps massif, dénué de souplesse, abritait un esprit curieux de tout et qui savait tout.Ses connaissances n'étaient pas superficielles, mais patiemment documentées. Au cours des périodes les plus harassantes de sa vie politique, il continuait à lire et à s'informer avec la voracité tranquille d'un pachyderme.
Il était simple sans ostentation. Il vivait sous les lambris des palais nationaux comme sous les plafonds à macarons de la maison familiale à Décazeville. Sa femme l'y suivait, attentive à satisfaire sa gourmandise aveyronnaise, appliquée au petit-salé aux choux et au haricot de mouton suivi d'un saladier de crème au.chocolat..
                     Il assumait ses fonctions sans vanité ni profit, supportant sans fatigue apparente et avec un scrupule civique intégral, l'immense labeur qu'il s'imposait. Il travaillait surtout la nuit, penché sur un bureau encombré de dossiers, les pieds dans les pantoufles charentaises à carreaux,,tétant une aigre bouffarde devant une tapisserie des gobelins.. Tout en écrivant , il se nourrissait avec des biscuits qu'il cassait dans le plumier en buvant de temps à autre , un peu d'eau minérale extraite de la bouteille posée à ses pieds sur la moquette.
                     Quand,après la Libération , il est revenu à Paris , il avait trouvé son appartement occupé par un jeune ménage dont le mari était un officier attaché au ministère des Armées,.Ils avaient 2 enfants, Ramadier n'avait pas souhaité les contrarier, « Restez ou vous êtes, je coucherai dans la chambre de bonne » C'est là que le lieutenant Guy l'aide de camp fidèle et engoncé du Général, vint le chercher un matin. » Chambre 501, dit le concierge, au cinquième, prenez l'escalier de service », l'aide camp gravit les 5 étages, et frappa à la porte 501, Ramadier l'entrouvrit, car elle était coincée par les paquets de livres, qu'il enlevait du lit pour se coucher, . Il apparut en chemise de nuit et bonnet de coton la pipe au bec ,caressant sa barbiche, « Le général vous demande dit le lieutenant Guy, c'est pour un ministère » ; « Dites lui que je passerai dans la matinée » répondit Ramadier ,
                     On l'avait mis au ministère du Ravitaillement, parce qu'il n'y avait pas de ravitaillement, aussi le « Canard Enchaîne l'appelait-il Ramadan » ….Sous l'air bonhomme, se masquait le paysan rusé, Il avait l'art de désorienter les visiteurs trop assurés. Il écoutait leur verbiage en caressant le sous main posé sur son bureau de la pointe de sa barbiche. Puis , sur un affirmation péremptoire de son interlocuteur, il relevai lentement la tête, le regardait dans les yeux et disait d'une voie douce « En êtes vous bien certain ? »Ce qui plongeait l'autre dans le doute et le désarroi.
                     Son bon sens l'incitait à fuir les théories abstraites au profit des solutions pratiques. Il avait demandé à Liber Bou assistant du ministre de l'Agriculture de rechercher les moyens de parer le plus rapidement possible à la pénurie de viande. C'était l'idée fixe du Président de la République qui me convoquait périodiquement pour me demander ou on en était pour la viande ? Bou avait proposé de conclure avec les éleveurs de porc des contrats de célérité assortis de prime. Ramadier approuva le projet, mais voulut un contrôle efficace afin d'éviter que ces subventions ne profitent au marché noir.Afin d'éviter le recrutement de fonctionnaires contrôleurs, il eut l'idée de demander le concours d'un corps existant réputé pour sa disponibilité : celui des haras si traditionnellement attaché au service du cheval. Ils n'ont pas grand chose a faire, dit Ramadier, ça les distraira. !! Quelques jours plus tard , se présentait à la direction de cabinet de l'Agriculture, un étrange personnage en uniforme a liserés vert coiffé d'un bicorne, . Du bout de doigt ganté de blanc ; il brandit sous les yeux du directeur la lettre du ministre, sans un mot il la déchira en quatre la jeta sur le tapis et sortit sans un mot,.très digne,.L'honneur du corps des haras était intact.

                             C'est pour venir à Nîmes , que le nouveau chef de gouvernement, le premier de la 4° République, fit son premier voyage officiel en province.. Il n'avait pas envisagé de voyager autrement que ce qu'il faisait habituellement. Chaque semaine il s'installait le soir dans l'express pour Béziers et Décazeville par Capdenac, .bien calé dans un fauteuil de coin, côté fenêtre. Il posait sur le fauteuil voisin quatre ou cinq pipes garnies qu'il fumait successivement , pendant que la précédente refroidissait.et se plongeait dans ses articles ou livres . Bientôt, bercé par le rythme du train, il s'endormait jusqu'à Décazeville , où il descendait et commençait aussitôt sa journée d'élu local. Il fut surpris d'apprendre que ses prédécesseurs chef de gouvernement, ne se déplaçaient que par le train spécial du Président de la République,

                                 Ramadier demanda conseil à Jules Moch , ministre des travaux publics , qui, avec sa précision polytechnicienne l'informa , que pour Nîmes , un train spécial coûterait 765 000 fr.,un simple autorail 163 000 fr et un wagon spécial 60 000 fr Suffoqué par ces chiffres, il décida de prendre une couchette dans le train normal, mais la sécurité exigea qu'un compartiment spécial lui soit réservé. Par esprit d'économie il convia ses proches collaborateurs.. Au cours de la nuit, son chef de cabinet constatant que sa couchette était vide, sauta du lit, réveilla l'inspecteur de police , se mirent a sa recherche , et le trouvèrent a sa place habituelle avec ses pipes., ils le convainquirent de revenir à son compartiment dont ils relevèrent les couchettes .

                  C'était une époque on subsistait encore des élus de la République qui comptaient sous par sous les dépenses de l’État et se contentaient de faibles revenus à l'image de ceux de leurs électeurs !!

Jean Clavel 19/01/2016

09/06/2015

Vie de certains ancêtres

 

La vie de certains de mes ancêtres :





Des archives familiales (150 documents) venant de la lignée Granier/Villemagne, de Camplong 34260, depuis le 17° siècle exploitées avec l’aide de Georges Pile, historien amateur du village, donnent une idée du fonctionnement de cette micro-société. Il a également numérisé tous les registres paroissiaux existant dans cette paroisse, ce qui m'a permis de compléter l'histoire familiale des Clavel et Devic. Par ailleurs, une étude généalogique aidée par un généalogiste de Riols 34220, m'a permis de retracer la lignée des Clavel sortis du hameau de Lizarne (Riols) ancêtres de ceux de Magalas, alliés a ceux de Camplong.

 

Les Cloutiers de la vallée de la Mare dans l’Hérault



Le nom de famille Clavel, est en relation avec celui des fabricants de clous. Le premier ancêtre familial connu, fabricant de clou est Granier Jacques né à Castanet le Bas, qui a épousé, à Camplong, le 19/06/1770 Marguerite Villemagne. C’est indiqué dans l’acte de mariage, très détaillé, le père de Jacques, cloutier lui-même lui a offert comme cadeau de mariage, les outils d’un atelier de cloutier. Il y avait parmi ceux-ci une cloutière, sorte d’enclume assortie d’outils spéciaux, permettant les divers types de clous fabriqués, une variété de pinces et de marteaux et une forge, qu’un soufflet de cuir, actionné par le pied permettait d’activer. Certains utilisaient un chien dans une cage circulaire pour actionner le soufflet.

- Il y avait un atelier de fabrication artisanale de clous dans presque toutes les familles de Camplong. Pendant la morte saison, chacun s’affairait au rez de chaussée, à côté de la chêvrerie. Ils avaient leur spécialité, des clous de charpentier, de menuisier, de cordonnier, de charron, pour les souliers de marche de l’armée. On payait avec des clous les achats faits chez les Martins à Saint Etienne d’Estréchous, qui vendaient un peu de tout, mais aussi de la viande, des lampes tempête, des outils, des tissus, nous avons dans nos archives diverses factures de vente et d’achat de clous, d’achat de fer brut, certains de nos ancêtres faisaient du courtage de clous, j’ai relevé dans le Recensement de 1836 de Camplong, maintenant disponible sur internet aux archives de l’Hérault, de très nombreux cloutiers dans les professions déclarées, dont un de nos ancêtre Durand Antoine né en 1804.

-La mère Martin possédait des ânes avec lesquels elle allait vendre ses clous aux marchés de la Saint Fulcrand à Lodève, à Clermont l’Hérault, à Bédarieux, à Saint Pons, Saint Chinian…. Le père Dardé maire et président fondateur de la cave coopérative de Berlou, me racontait qu’il allait, avec ses parents à la foire de Saint Chinian et se rappelait l’étal de la mère Martin et ses clous, dont il avait, encore dans sa maison, quelques exemplaires.

Georges Pile, m’a permis, par ses indications, de mieux comprendre le fonctionnement de l’artisanat des cloutiers, fort nombreux à Camplong, il m’a communiqué des références historiques fort intéressantes, Nicolas de Basville qui fut intendant Général du Languedoc (1685/1718) écrivit « Ses Mémoires du Languedoc », somme considérable pour l’époque, mais fut un persécuteur des protestants de la région, traite brièvement des cloutiers : «Il y a , dans le diocèse de Béziers, un canton appelé Graississac (Graissessac) composé de six petits bourgs, où tous les habitants travaillent en cloux. Ils ramassent le fer de toutes parts, et débitent ensuite leurs cloux en Languedoc et dans toutes les provinces voisine. Ce seul commerce les fait subsister ».

L’abbé Gérard Alzieu dans « Catholiques et Protestants à Graissessac de 1836 à 1843 »:

« Les Catholiques dont les ¾ sont réduits à la plus grande misère sont cloutiers ou mineurs de houilleLe vieux fer est recueilli avec soin et sert à faire des clous ou des serrures grossières. Jusqu’à nos jours, quelques individus du pays, protestants pour la plupart, se chargeaient eux-mêmes des clous fabriqués et donnaient en échange aux travailleurs du fer et des denrées, mais depuis 7 ou 8 ans il n’en est plus ainsi. Les cloutiers ont formé entr’eux la convention suivante : à chaque foire qui a lieu dans les villes voisines, 2 ou 3 des fabricants les plus intelligents et les plus probes, se chargent de vendre les clous de toute la communauté, et ils rendent ensuite à chacun des fournisseurs le prix de la marchandise qu’il a livré, ils ne sont plus exploités comme autrefois par les marchands du pays, dont la plupart se sont enrichis aux dépends de leur pratiques. Ce système… est dû à Joachim Granier curé de Graissessac  ».

M. Rivez avocat et pasteur protestant à Graissessac, dans ses « Mémoires Historiques », décrit l’action du curé Granier :

« Homme adoré des catholiques mais détesté des protestants, avec lesquels il a toujours entretenu une rude polémique, et qui ont obtenu son renvoi dans un autre poste peu de temps après la révolution de février 1848, Cette mesure a encore augmenté la haine des catholiques contre les protestants.

M. Granier a eu des torts, sans doute, il est trop outré dans son zèle religieux, mais on ne peut lui contester le mérite d’avoir réussi à guérir du vice ignoble de l’ivrognerie le plus grand nombre de ses paroissiens qui s’abrutissaient jour et nuit au cabaret. Avant lui la vie menée par les cloutiers était la plus abjecte. Ces êtres brûlés par la flamme de la forge, ne trouvaient rien de mieux que d’aller se désaltérer chez l’aubergiste voisin. Pour payer la dépense occasionnée par ces stations bachiques, qui se renouvelaient toutes les 2 heures environ, ils prélevaient un certain nombre de clous sur chaque milliers fabriqués, et munis de cette monnaie d’une nouvelle espèce, ils allaient s’attabler avec leurs amis autour d’une bouteille de vin.Le cabaretier recevait les clous en échange de sa boisson souvent frelatée, et les rangeait sur des étagères dans des paillassons enfumés, ornements indispensables de toute salle à manger.

 

Toutes les économies des cloutiers se dissipaient ainsi follement.  Le soir et les jours de fête, c'était bien pis encore; les amateurs de gros bleu s'amusaient à faire la partie avec des caries puantes, à choquer le verre, et à répéter en chœur des chansons obscènes et bachiques.

 

Mais ce n'était pas tout, à peine l'enfant avait-il été sevré, que son père le menait au cabaret de préférence à l'école, et lui enseignait de fort belles choses... ».

 

-Nos archives ont livré des éléments des modes de vie : il existait à Camplong, un service communal de berger commun, qui sortait et gardait les chèvres. Il passait dans le village le matin au lever du jour, sifflait et appelait, les chêvrerie étaient ouvertes et les chèvres rejoignaient le troupeau. Un procès a opposé un habitant de Camplong au berger communal du village qui s’appelait Barthélemy Séguy, la décision du tribunal ordinaire de la sénéchaussée de Boussagues en date du 20 avril 1762, condamne les propriétaires de chèvres a payer les dommages fait à des cultures par la divagation des chèvres, due au manque de surveillance du berger qui s’était sans doute endormi !!!!.

-Un autre conflit géré par la justice ordinaire de Boussagues, opposait les marguilliers de l’Eglise de Camplong à notre ancêtre Villemagne, dont la maison jouxte l’Eglise. On lui reprochait d’avoir un gros noyer dont les branches dominaient le toit de cette Eglise, il montait sur ce toit, sans précaution, malgré de nombreuses interventions, pour cueillir sa récolte et de ce fait, il créait des gouttières. Le tribunal lui ordonne d’ébrancher cet arbre afin que ces faits ne se reproduisent plus. (Décision du 14/02/1739) Un descendant de la famille sujet du procès, Albert Villemagne, né en 1915, et correspondant de Midi Libre à Camplong, m’a confirmé que la tradition familiale faisait état du conflit avec le curé de ces temps, et que le procès avait coûté à la famille 1500 francs or.



Problèmes entre catholiques et protestants, l’Église (catholique) avait la gestion de l'état civil communal dans l'ancien régime.  

 

-Jean Pierre Clavel , habitant de Camplong (1776/1858) était tailleur de pierre, que Ferdinand Fabre auteur bien connu du 19° siècle, cite dans « Les Courtezons ». Je n’ai pas encore retrouvé les liens directs de cette branche Clavel avec celle des Clavel originaires de Magalas, je n’ai trouvé que des liens indirects par les Villemagne.  Jean Pierre Clavel, marié à Anne Séguy, protestante, avaient 5 enfants (documents paroissiaux), mais j’en ai découvert deux autres dans les registres communaux dont un né avant tous les autres.. Ils  se sont (re)mariés à l’Eglise de Camplong, le 4 février 1844, après que Anne ait renoncé officiellement à la religion réformée. Nous possédons l’acte de renonciation à la RPR, religion prétendument réformée, ainsi désignée par les catholiques.  Ils avaient  comme témoin à ce remariage, Ferdinand Fabre,  qui deviendra un écrivain reconnu élu à l’Académie Française, mais non reçu à cette Académie, pour cause de décès. Il y a sur l’entrée du presbytère de Camplong une plaque indiquant que Ferdinand Fabre a vécu là, chez son oncle, Jean  Fulcrand Fabre, Curé du village. Nous  sommes  apparentés avec cette branche Clavel par des collatéraux, en particulier les Villemagne et peut être, en ligne directe, avec les ancêtres de Riols. Dans son roman « les Courtezons » Ferdinand Fabre décrit la construction par JP Clavel d’une école de fille proche de Saint Xist, hameau de la commune de La Tour sur Orb, qui était autrefois sur la paroisse de Boussagues, sénéchaussée royale, on retrouve aussi son travail de reconstruction de la chapelle de Saint Xist (travaux de avril à septembre 1817)  détruite pendant les évènement révolutionnaires. André Signoles précise dans le bulletin de la société archéologique et historique des hauts cantons de l’Hérault. Il est possible que JP Clavel, tailleur de pierre compétent, suivant les dires de Ferdinand Fabre, ait participé à l’agrandissement de l’Eglise et sa transformation, mené par JF Fabre le curé qui officia de 1837 à 1862. Cette transformation amena le déplacement du cimetière qui, a cette époque, entourait l’église jusqu’à la porte du presbytère. Le sol de l’église était, avant les travaux,  en terre battue, et quelques bancs était répartis sur les côtés, des stalles dans le chœur étaient destinées aux personnalités. On enterrait certaines personnes dans l’église, la dernière a y être enterrée avant les transformations et le pavage fut le 16 mars 1827, Pierre Julien. Une histoire peu banale, rapportée par Albert Villemagne, concerne la mise en place des chaises et des bancs dans l’église, en 1845, et le conflit entre le maire et JF Fabre le curé. Les courriers échangés à ce propos rappellent les échanges de Don Camillo et Peponne : Extraits :

Aujourd’hui seulement il m’est possible de me procurer l’honneur de répondre à votre lettre du 19 courant, dans laquelle vous me dites que vous aviez lieu d’espérer que la réparation de l’église permettait de replacer le banc de la mairie, non dans le chœur qui est contourné des stalles, mais dans une place de distinction, ….

Vous demandez Monsieur, pour le banc de la mairie une place de distinction, mais vous ne la voulez pas dans le chœur, sans doute votre modestie vous fait regarder cette place comme trop honorable,  moi, Monsieur le maire, qui sait qu’une administration qui se dévoue au bien commun, est digne de tout honneur, j’offris deux places dans les stalles , une pour le maire une autre pour l’adjoint, on a dû vous dire que mon offre ne fût pas agréée. Vous ajoutez : Au lieu de tout cela, le banc municipal se trouve posé à l’extrémité de l’église et confondu au rebut de la société, qui plus est , j’apprends avec peine que des personnes mal famées se permettent de s’y installer, ce qui déroge au respect dû à celui qui est investi de l’autorité.

Qu’entendez vous, monsieur le Maire, par le rebut de la société ? Serait ce les pauvres ? Mais alors où que vous soyez placé, vous vous trouvez toujours confondu avec le rebut de la société, car le personnel de Camplong compte peu de riches. Et si la vue de tels gens vous incommode, vous vous trouvez en opposition avec les principes de la philanthropie, qui vous ont fait tant de réputation …..

D’un autre côté, j’ai l’honneur de vous déclarer monsieur le Maire, que si voulez que le banc de la mairie, continue à occuper une place dans l’église, vous aurez la bonté de consentir payer  à la fabrique le prix ordinaire de location, comme les autres particuliers, auxquels, dans le cas, vous êtes semblables….

Prix des places : chaises numérotés : de 1 à 27, 8 fr. par an, de 28 à 76, 7 fr., de 70 à 130, 6 fr.

C’est un décret impérial du 18/05/1806 qui permet aux gestionnaires (les fabriques) des églises de louer les places à l’année.     

. -Sur le monument aux morts de Camplong, assez caractéristique car sculpté dans la pierre par un artisan local qui avait perdu son fils à la guerre de 14/18, un nom apparaît, Clovis Clavel, arrière petit fils de Jean Pierre Clavel, petit fils de Émilien Clavel et fils de Casimir Clavel. Il est décédé en 1915 dans les combats sur la Marne. J’ai dû faire des recherches approfondies, pour savoir qui était Clovis Clavel, personne à la mairie de Camplong, ne pouvait me dire d’où il venait et qui il était, en fait,  il était né à Graissessac, et c’est le service des anciens combattants qui m’a permis de le situer dans la généalogie.    Camplong était un village Catho à 90%, dans les registres de l’Eglise paroissiale, les enfants de Jean Pierre et Anne étaient portés comme « illégitimes et bâtards » du fait que leur mariage était considéré comme civil, jusqu’à ce que Anne adjure officiellement, à l’Eglise, la religion protestante. J’ai trouvé la relation d’évènement qui en dit long sur l’état des relations entre  le clergé catholique et les quelques protestants présents à Camplong. Le Pasteur Jacques Rabaut (1718/1794) qui a joué un rôle assez important durant la Révolution, fait parvenir à M. Pierre Marc d’Argenson en juin 1752 (secrétaire d’État de Louis XV), un mémoire sur l’état des protestants dans la province du Languedoc, extrait : en 1752 un pauvre cordonnier tombe malade dans le village de Camplong, diocèse de Béziers, le prêtre le visite et l’exhorte à se confesser. Le malade refuse et fait connaître qu’il est protestant…celui-ci meurt et MM les ecclésiastiques font traîner son cadavre par les rues et le font ensuite jeter à la voirie. Les protestants d’un village voisin nommé Graissessac, informés de cette barbarie, viennent de nuit, prendre le cadavre et l’enterrer secrètement. On cherche vainement les valeurs  chrétiennes dans ces comportements, reste des guerres de religion qui ont marqué profondément le Languedoc.

Camplong est maintenant un village principalement de retraités de la mine, sans activité, qui s’est dépeuplé, seul le café Jougla, classé maintenant Café Historique ou la mère Jougla âgée de plus de 90 ans a été longtemps bien présente, c’est le fils Pierre qui organise dans ces murs des animations régulières, j’y ai fait plusieurs réunions, FR3 y a tourné un film sur  les événements de 1907. Mon arrière grand-mère Granier Maria , ma grand-mère Marie Durand y sont nées et ont épousé à Camplong des hommes de Magalas, qui ont sans doute préféré des femmes travailleuses des rudes coteaux , aux femmes plus frivoles, sans doute,de la plaine bitteroise.

Hameau de Lizarne, commune de Riols 34220, proche de Saint Pons.

J'ai effectué des étude généalogiques sur les branches plus anciennes des Clavel, qui sont sortis du hameau de Lizarne sur la commune de Riols 34220. Là aussi j'ai trouvé une généalogiste amateur ancien secrétaire de mairie du village qui m'a apporté de nombreuses information et m'a permis d'établir des relations avec la dernière famille Clavel du hameau, dont l'existence s'est terminée , lorsque le dernier représentant a vendu son exploitation à la SAFER dans les années 1990. Sa fille unique, institutrice, avait épousée un Tarbouriech, instituteur du hameau de Tarbouriech, voisin de Lizarne, et ils ont terminé leur vie professionnelle dans l'école primaire de Pézénas. Après la vente à la SAFER de l'exploitation familiale qui comportait un rucher elle avait repris les ruches et les a installé à Saint Vincent d'Olargues . J'ai retrouvé dans les archives communales de Riols mes ancêtres directs à partir de 1650. C'est Jean-Pierre Clavel né à Lizarne le 7 mars 1717, qui s'est marié à Murviel les Béziers le 27 août 1746 avec une fille de ce village, Gaston Marie, s'y est établi , ils ont eu 4 enfants, dont André né en 1747 marié , installé et mort à Magalas le 07/05/1819, souche des viticulteurs Clavel sur cette commune . Mon grand père Raoul qui fut un mutin au 17° régiment d'infanterie de Béziers et qui m'a légué les photos des soldats des compagnies de ce régiment au moment des événements viticoles de 1907, dus à la mévente des vins. Nous avons les livets militaires au 17° régiment d'infanterie de mon arrière Grand-père Célestin né en 1853 et de Raoul né en 1884. Raoul était militaire appelé en 1907. il avait un frère , Benjamin Célestin, né en 1877, ils étaient tous deux sur l'exploitation familiale à Magalas et Camplong, et afin de résister à la difficulté de vente des vins de cette époque, et après le mort prématurée de leur père Célestin-Bernard le 13/1/1906, à l'âge de 52 ans, il est décidé que Benjamin ira créer un entrepôt de vente de vins dans le bassin Lorrain de l'Otain (mines de fer) vente en gros et demi gros , en correspondance par voies ferrée , de la gare de Magalas à la gare de Bouligny, expédition de Magalas par barrique de 600 litres appelées « transport » placées sur des wagons plate forme. A destination, des attelages de chevaux avec char à 4 roues permettaient d'entrer les vins en cave et d'aller les livrer. Ce fut rapidement une réussite et l'écoulement des vins de l'exploitation et de celle des voisins du village était assuré dans de bonnes conditions financières. La fin de cette entreprise est due à la guerre de 14/18, et l'envahissement de la zone par les allemands. Bouligny est à 30 km de Verdun. La mobilisation militaire de Benjamin qui a été gravement blessé à la tête, n'a pu reprendre cette activité qui a été louée à un vigneron des PO. Benjamin , en qualité de blessé de guerre a eu un bureau de régie des alcools et de tabac dans les PO où il est décédé. Nous avons les photos du magasin de gros de vin à Bouligny (55240) et de leur maison à Bouligny , avec mon arrière grand-mère paternelle, mère de mon grand père Raoul Clavel, elle était née à Camplong Maria Granier, et le frère de mon grand père qui avait créé ce commerce de vins dans les années 1905.



Jean Clavel juin 2015





19/05/2015

Languedoc , de l'ancien régime à la fusion 2015

Le Languedoc (Lengadòc, en occitan) est un territoire du sud de la France traditionnellement divisé en Haut-Languedoc, qui correspond approximativement à l'actuelle région Midi-Pyrénées, et Bas-Languedoc, qui correspond approximativement à l'actuelle région Languedoc-Roussillon. Le Languedoc fait partie de l'Occitanie, vaste espace géographique de langue d'oc.

 

 

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