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17/07/2014

Philippe Lamour

Quelques infos sur la création des Coteaux du Languedoc et l'action de Philippe Lamour. Il a été avant la guerre de 39/45, un grand avocat, à trente ans, il est déjà célèbre, ayant plaidé notamment dans l'affaire Seznec et l'affaire Stavisky.

Lecteur lucide de Mein Kampf, témoin engagé de la guerre d'Espagne comme conseiller du gouvernement républicain, il multiplie en vain les avertissements dans un univers politique paralysé. La vengeance de la Gestapo lui interdira, après sa démobilisation en 1940, de rentrer à Paris. Pour assurer la subsistance de sa famille, et s'engager dans une résistance active et gaulliste, en zone sud, il remet en état une propriété abandonnée, dans le centre, avant d'acquérir un mas viticole sur les Costières de Nîmes, dans le Gard, où il vivra jusqu'à sa mort.

Après la Libération, il se lance dans l'action professionnelle agricole, la France doit tout reconstruire . Les organisations professionnelles viticoles, souvent marquées par le pétainisme, sont déconsidérées. Il se rend compte rapidement que la viticulture du sud de la France, a raté avant guerre, la démarche qualitative réussie par le Bordelais, la Bourgogne , la Champagne et quelques autres vignobles, de la Loire. Aucun des vignobles du sud depuis la Provence jusqu'à la Catalogne française, en passant par les basses côtes du Rhône (à l'exception de Chateauneuf du Pape, Fitou et quelques muscats) n'a reçu la qualification AOC. Les vignobles historiques AOC, ne souhaitent pas alors, que le sud viticole entre dans leur famille. Philippe Lamour réussit a convaincre, avec difficulté, le ministre des finances du gouvernement De Gaule, Pierre Mendez-France, qu'il faut créer une famille de vins de qualité, capable d'entraîner cette viticulture, vers une amélioration de leur production. Ce seront les VDQS (Vins délimités de qualité supérieure, loi de 1946) . Dans un domaine agricole plus large et national, c'est sous son impulsion que naît la Confédération générale de l'agriculture, (CGA) dont il devient le secrétaire général. Il s'agit alors de redonner à l'agriculture française et à ses organisations syndicales, financières et mutualistes une structure cohérente et représentative. À cette époque, les moyens de production sont détruits, et les restrictions alimentaires frappent encore durement la population. Il s'attache, en collaboration étroite avec le ministre de l'Agriculture, Tanguy-Prigent, à obtenir, dans le cadre du plan Marshall, les indispensables dotations en matériel, engrais et semences. Son action est déterminante. L'agriculture française entre de plain-pied dans l'ère moderne.

En février 1955, Philippe Lamour arrache des mains de Pierre Mendès-France, le jour de sa démission de la présidence du Conseil et sur le capot de sa voiture, la signature du décret instituant la création de la Compagnie nationale d’aménagement de la région du Bas-Rhône Languedoc (CNABRL).C’est la fin du premier acte d’un combat vieux de dix ans pour Philippe Lamour, sur la rive droite du Rhône, au cours de l’occupation.Grâce à cette signature, le visionnaire Lamour va offrir un nouvel essor à sa région d’adoption, un Languedoc aride et peu industrialisé, soumis à une viticulture en perte de vitesse au sortir de la guerre. Son projet s’inspire de l’aménagement hydrologique de la Vallée du Tennessee, mené dans les années 30 aux Etats-Unis : la Tennessee Valley Authority (TVA).

Soit un vaste réseau d’irrigation (canaux, barrages) qui conduirait l’eau du Rhône, qui en abondance se perd en mer , à travers trois départements (le Gard, l’Hérault et l’Aude), permettant ainsi le développement d’une agriculture diversifiée. Le canal du Bas-Rhône, fruit du premier plan de modernisation de Jean Monnet, voit le jour au tout début des années soixante et la Costière gardoise, aux portes de Nîmes, ne tarde pas à s’imposer comme l’un des grands plateaux arboricoles européens grâce, notamment, à l’arrivée et au savoir-faire des rapatriés d’Algérie.

Mais l’eau ne servira pas qu’à des fins agricoles. Les centaines de kilomètres de réseaux du canal vont permettre au gouvernement Pompidou, dès 1963, de s’attaquer à l’aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon.

Près de 60 ans après sa création, la compagnie du Bas-Rhône Languedoc (BRL), après bien des déboires, est devenue un acteur international de l’aménagement hydraulique. Société d’économie mixte locale (SEML) aux mains de la région Languedoc-Roussillon, elle ne saurait toutefois négliger sa vocation première face à l’afflux de nouvelles populations venues profiter du soleil méditerranéen.

Le projet Aqua Domitia vise aujourd’hui à conduire l’eau du Rhône jusqu’aux confins de l’Aude, et pourquoi pas prochainement, jusqu’aux Pyrénées . Le canal, parfois décrié pour son envergure démesurée, trouvera t-il demain une nouvelle raison d’être dans cette région où l’agriculture perd chaque jour des exploitants, mais où il y a une agriculture dynamique, voir a Mauguio la réutilisation des surfaces de vignobles arrachées grâce aux aides européennes, mise en valeurs par des immigrants espagnols ?

En creux, se dessine au fil de sa vie, le portrait d’un homme gouverné par l’amour de la liberté et de la modernité, n’ayant jamais succombé aux sirènes de la vie politique. Philippe Lamour est considéré à bien des égards comme l’un des pères de l’aménagement du territoire en France, et dont ce cher Languedoc aura été le précieux laboratoire.

 Le canal du Bas-Rhône et Philippe Lamour, une histoire commune :

* 1903 : Naissance de Philippe Lamour à Landrecies (Nord) bachelier à 15 ans, avocat à 20 ans

* 1923 : Il plaide notamment dans le cadre des affaires Seznec et Stavisky

* 1931 : Création de la revue d’avant-garde Plans, à laquelle collaborent notamment Le Corbusier et Fernand Léger.

* 1934 : Publication de son premier roman (« Un dur ») avec son ami, l’avocat André Cayatte.

* 1942 : Installation au mas Saint-Louis la Perdrix à Bellegarde (30300).

* 1946 : Création de la Commission du Bas-Rhône. Visite de l’aménagement hydraulique de la Tennessee Valley (USA).

* 1947 – 1954 : Secrétaire général de la Confédération générale de l’Agriculture (CGA) Création des VDQS (vins délimités de qualité supérieure, loi de 1949) et de la Fédération Nationale des VDQS dont il devient président ce qui lui permet d'entrer dans le cénacle de l'INAO ce qui aidera au classement AOC de Faugères et de Saint Chinian en 1983 et des Coteaux du Languedoc, des Corbières, du Minervois, des côtes du Roussillon en décembre 1985.

* 1955 : Création de la Compagnie nationale d’aménagement de la région du Bas-Rhône et du Languedoc (CNARBRL, 1ère Société d’aménagement régional française) dont il sera le président jusqu’en 1974.

* 1956 : L’Etat autorise la compagnie à prélever jusqu’à 75 m3/s dans le Rhône pour alimenter les communes du Bas-Rhône et du Languedoc.

* 1957 : Avril, les travaux du canal s’ouvrent à Saint-Gilles (Gard). Au total, ils dureront dix années.

* 1960 : 26 février, inauguration de la station de pompage de Pichegu à Bellegarde, rebaptisée plus tard Aristide Dumont, par le général de Gaulle. Mars : visite de Nikita Khroutchev, président de l’U.R.S.S. (J'y étais)

* 1961 : La concession attribuée par l’État à BRL est élargie pour permettre l’irrigation, grâce à un système de barrages, des plaines autour de Béziers et du littoral audois. A la fin des années 60, construction du barrage du Salagou.

* 1963 : Février, création de la Commission nationale d’aménagement du territoire dont Philippe Lamour est nommé président. Juin : création de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar). Naissance de la mission Racine (aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon).

* 1965 -1983 : Philippe Lamour est maire de Ceillac (Hautes-Alpes).

* 1974 : Président du Conseil économique et social de la région Languedoc-Roussillon. Il fut aussi, notamment, président du comité des experts de la FAO (Nations Unies) et de l’ANDAFAR (Association nationale pour le développement de l’aménagement foncier agricole et rural).

* 1977 : Président fondateur du Parc du Queyras.

* 1980 : Publication de son récit autobiographique « Le cadran solaire ».

* 1989 : Publication d’un article dans Le Monde : « TGV et voie d’eau : même combat ».

* 1992 : Mort de Philippe Lamour.

* 2005 : Lancement du projet « Aqua domitia », qui prolonge l’œuvre de Philippe Lamour (réseau enterré) jusqu’à Narbonne.

 

23/06/2014

Ma vie engagée

Après mon service militaire 11/1954-05/1957, maintenu sous les drapeaux en AFN, je reprends l'exploitation familiale viticole en Corbières, et je deviens le secrétaire général des jeunes agriculteurs de l'Aude et a ce titre ,ai reçu une formation générale et syndicale, en alternance à Paris, dans le cadre de l'IFOCAP (institut de formation des cadres paysans).

J'ai participé aux discussions lors de la création du syndicat des Coteaux du Languedoc (1960), sur proposition du professeur Jules Milhau (Agro, et Science éco) et de Philippe Lamour alors vigneron dans les Costières de Nîmes et président de la Fédération Nationale des VDQS. Ce syndicat devait regrouper, à l'origine, tous les syndicats VDQS (vins délimités de qualité supérieure) du Languedoc depuis Corbières jusqu'aux Costières de Nîmes. Mais des désaccords sur la politique d'encépagement, ont limité les syndicats à l'origine des Coteaux du Languedoc à ceux de l'Hérault, à La Clape et au Quatourze dans l'Aude et à Langlade dans le Gard. (13 syndicats de base)

Suite à des problèmes familiaux , je change d'orientation professionnelle en 1964, et deviens un des acteurs administratifs de la mise en place dans le sud de la France du Fonds européen d'action sociale pour l'aménagement des structures agricoles (FASASA) Je crée à cette occasion l'ADASEA de l'Hérault (1967) dont je suis le directeur jusqu'en 1976, en même teemps que l'animateur de la FDSEA (fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles).

Un grave événement se produit le 4 mars 1976 à Montredon, mon village de naissance, lors d'une manifestation viticole au pont de Montredon. Une fusillade éclate entre une Compagnie de CRS, et le groupe de viticulteurs bloquant la circulation sur la RN 113 et tentant le blocage de la voie ferrée Bordeaux- Marseille. Un vigneron des Corbières et le commandant de la compagnie de CRS sont tués et il y a une quinzaine de blessés.

A la suite de ce tragique événement, des responsables viticoles de la région , présidents de syndicats ou de coopératives, prennent conscience qu'il faut changer de politique professionnelle et engager une orientation qualitative du vignoble, vigoureuse et durable. Certains de ceux ci me demandent de prendre en charge l'animation qualitative du vignoble à partir du syndicat Coteaux du Languedoc, encore peu actif.

Sous la présidence de Jean-Claude Bousquet, alors président de la Safer, nous avons construit une politique de long terme visant à une amélioration qualitative, du vignoble, des vins, de la compétence professionnelle des vignerons, et de la communication, alors inexistante, sur les vins du Languedoc. Dans ce cadre , j'ai écrit plusieurs ouvrages , dont l'un édité par Privat à Toulouse, « Histoire et avenir des vins en Languedoc » (1985) a eu un prix de l'Académie Française. Il y a eu ensuite « Le 21° sècle des vins du Languedoc, du monde gréco-romain à internet », puis «  Qualité oblige », « Réussir » « La mondialisation des vins, » édité chez Feret en 2008 à Bordeaux .

Nous avons obtenu après de difficiles débats, dans le cadre de l'INAO, le classement en AOC des vins des coteaux du Languedoc (12/1985). Afin de communiquer, auprès des consommateurs et des médias une image positive de nos vins, nous avons installé la maison des vins de Saporta, dont j'ai été le maître d'ouvrage, qui accueille depuis un nombteux public. Afin de faire découvrir la réalité des autres vignoble européens nous avons organisé, dès 1980, des voyages d'études pour les principaux responsables viticole du Languedoc, les présidents et directeurs de caves coopératives , les journalistes viticoles, dans tous les vignobles espagnols, italiens, allemands, Suisses, autrichiens, Hongrois, ce qui a permis de dépasser les fausses idées ,répandues en Languedoc, sur ces productions et a facilité le changement espéré.

C'est à cette époque , qu'à la demande du président Gravegeal , j'ai élaboré le concept « Pays d'Oc » destiné à donner une identité positive aux vins de qualité (Vins de Pays) ne pouvant pas bénéficier de l'AOC. C'est devenu un grand succès, puisque , dans le cadre des IGP norme européenne, (indication géographique protégée) les vins des 4 départements PO, Aude, Hérault, Gard, qui sont soumis a des conditions de production sévères, et sont produits en dehors des zones délimitées AOP, ont une image internationale très positive, et sont un succès économique reconnu.

Depuis ma retraite des fonctions opérationnelles, j'ai participé dans le cadre de la Chambre d'agriculture a toute une série d'actions, et avec le Président Tastavy nous avons créé l'association « Honneur du Vin » (2009) qui nous a permis d'engager des actions judicaires et d'information pour protéger le vin contre les agissements dévoyées des ligues anti-alcooliques qui menaçaient l'existence même des vignerons français. Dans ce cadre , a partir d'une motion votée par la session de la chambre d'agriculture de l'Hérault (20/03/2011)nous sommes en bonne voie d'obtenir du Parlement, que dans le code rural soit inscrite la mention sous l'article L665-6 « Le vin produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France »

J'ai enfin participé en 2013 à la rédaction de l'Atlas des Garrigues (Hérault, Gard) pour la partie viticole, Atlas édité par les « écologistes de l'Euzière ».

Nous avons fêté , dans le domaine de mon fils aîné à Assas (Mas de Périé) en mai 2014, mes 80 ans, entouré de ma nombreuses famille, des amis du groupe « Lo cocut » chant choral occitan, qui ensemble m'ont offert, un vélo a assistance électrique pour me permettre de continuer à faire mes parcours de VTT. (100 km semaine 500 km mois)

 

Jean Clavel 20/06/2014

 

22/04/2014

Action législative en faveur du vin:

 

 

On s’est réveillé ce samedi matin (10 avril) avec un patrimoine enrichi qui a fait pousser un cocorico victorieux dans la presse. « Le Sénat a adopté à l'unanimité dans la nuit de vendredi à samedi un amendement au projet de loi sur l'agriculture reconnaissant que "le vin, produit de la vigne, et les terroirs viticoles font partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager de la France", annonce dans un flash Le Figaro. Le quotidien La Croix reprend les propos du sénateur audois Roland Courteau à l’origine de l’amendement voté : « Le vin exprime un patrimoine vivant, il fait partie du patrimoine culturel, littéraire mais également gastronomique, paysager, architectural, matériel, économique et social, aussi bien sûr avec des centaines de milliers d’emplois ». Le Parisien cite, lui, l’enchérissement d’autres sénateurs : « Le travail des vignerons a imprimé une profonde empreinte sur le patrimoine bâti et les paysages de nombreuses régions», selon un élu du Jura. En revanche, note le quotidien, l’amendement ajoutant la bière a été rejeté : « Le vin, à l'étranger, dans le monde entier, c'est la France. Il en va autrement de la bière... ou des spiritueux, qui posent des problèmes pour la santé». En 1957, dans ses Mythologies, Roland Barthes écrivait : « Le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C’est une boissson-totem ». Etrangement, la nouvelle a laissé de marbre les journalistes du « mondovino ». Pas une ligne dans la RVF, pas davantage chez nos voisins anglo-saxons Decanter, pourtant prompts décrypter nos mœurs gastronomiques et viniques. Serait-ce une nouvelle qui n’en serait pas ? (Vitisphère)

Ces débats parlementaires ne sont pas terminés,la loi devrait être vôtée , dans sa version définitive ,courant juin. Il y eut plusieurs propositions de loi, présentées au Sénat et à l'Assemblée Nationale par des Députés et des Sénateurs de tous les bords politiques, Le 9 avril dernier, le sénateur Raymond Couderc et ses amis déposaient un amendement  légèrement différent de celui qui avait été adopté en commission des Affaires Économiques afin de répondre au besoin implicite de protéger le vin, produit de la vigne, les terroirs viticoles et les paysages qui y sont liés. Souhaitons que le Gouvernement , au moment du vote définitif, ne retire sous la pression des anti-vin, ces amandements adoptés à l'unanimité au Sénat et à l'Assemblée Nationale ?

J'avais dans ce blog, publié le 31/03/2011 une note relative au texte présenté par JC Tastavy et moi même à la session de la Chambre d'Agriculture de l'Hérault du 28 mars 2011, note votée à l'unanimité, demandant aux pouvoirs publics de rédiger un « projet de loi à proposer au débat et au vôte de l'Assemblée Nationale et du Sénat pour que soit inscrit dans le Code Rural, l'article suivant:

« Le vin produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France. »

La motion vôtée à la Chambre d'Agriculture de l'Hérault avait été expédiée à l'ensembles des parlementaires des régions viticoles de France, et nombreux avaient été très intéressés.

L'intention était de limiter les actions des ligues anti-alcoolique, et de quelques associations fonctionnant en périphérie et grâce au financement du ministère de la santé qui cherchent , par toutes sortes de moyens, de limiter le consommation du vin, prétextant que cette boisson , très consommée en France, est la source principale des pathologies alcooliques. Tous ces acteurs oublient de dire que la consommation du vin a fortement diminuée en France de plus de 50% ces 30 dernières années, et que l'alcoolisme qui subsiste, est plus causé par des consommations a risque, type « binje drinking », d'alcools forts, souvent d'importation pratiquées par des jeunes dans les pays nordiaues, en Grande Bretagne et imitées en France. Les boîtes de nuit frquentées le plus souvent par des jeunes gens, ne proposent pas de vin à leur clientèle;

Le vin dans la société française du 21° siècle

 

Le vin a été reconnu comme partie intégrante du repas Gastronomique des Français qui estinscrit, après études et propositions des ministères des Affaires Étrangères et de la Culture Français, sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l'Humanité, établie par l'UNESCO.

C'est une étape importante, mais insuffisante pour mettre fin aux nombreuses actions des personnes qui militent avec des moyens très importants , dans l'entourage du ministère de la santé, de façon plus ou moins avouée, en vue de la réduction très importante de la consommation de vin. Ces structures et personne, oublient que l'alcoolisation, en particulier des jeunes, a des sources essentielles, vers des alcools souvent importés ou des boissons alcoolisées produites par des groupes industriels internationaux, ayant des moyens puissants de communication.

 

La vigne et le vin, patrimoine des français

 

Le classement dans le Code Rural, du vin, au patrimoine culturel et gastronomique protégé en France, réduira de façon considérable les actions anti-alcooliques spécifiques au vin, sans aucun dommage pour la santé publique. La culture du vin, partie du patrimoine bi-millénaire, culturel, cultuel, paysager et économique français et européen, transmis de génération en générations, a grandement contribué à la renommée de notre pays, et tout spécialement de sa gastronomie au yeux du monde. L'activité viticole française, par ses performances sur le marché mondial, représente un élément essentiel de la balance commerciale du pays et donc de son économie et de ses ressources fiscales, mais aussi des centaines de milliers d'emplois direct ou indirects et qu'elle est pratiquée dans 18 des 22 régions métropolitaines .

 

Voici le texte voté au Sénat pour la protection du vin reprenant les arguments développés dans la motion Chambre d'Agriculture, sans suite législative, les gouvernements successifs jugeant inutile cette législation..

Le chapitre V du titre VI du livre VI du code rural et de la pêche maritime est complété par un article L. 665-6 ainsi rédigé :

« Art. L. 665-6. – Le vin, produit de la vigne, et les terroirs viticoles font partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager protégé de la France. »

Le sénateur Roland Courteau a proposé, cet après-midi, (18/03) en commission au sénat, palais du Luxembourg,un amendement à la loi sur l’agriculture pour que le vin fasse "partie intégrante du patrimoine culturel et gastronomique de la France".Peu avant 16 heures, l’amendement était adopté à l’unanimité. La loi devrait être votée en juin. Une victoire pour l’élu qui avait déjà déposé une loi en 2012, jamais mise en discussion. Pour l'élu, il s'agit de "réhabiliter l'image du vin et de favoriser sa reconnaissance face aux attaques dont il fait l'objet."Le 9 avril dernier, le sénateur Raymond Couderc et ses amis déposaient un amendement  légèrement différent de celui qui avait été adopté en commission des Affaires Économiques «afin de répondre au besoin implicite de protéger le vin, produit de la vigne, les terroirs viticoles et les paysages qui y sont liés

Cet amendement à la loi constitue une première étape décisive avant le dépôt d’un dossier auprès de l’Unesco en vue du classement du vin au patrimoine immatériel de l’humanité. "Je vais prendre rendez-vous au ministère afin de voir comment constituer un dossier plus complexe. Le repas gastronomique français a été classé. Le vin doit logiquement l’être."

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Copie de la motion du 28 mars 2011

 

Chambre d'Agriculture de l'Hérault

Motion sur le Vin

 

 

La Chambre d'Agriculture de l'Hérault, réunie en Session le 28 mars 2011 au château de Flaugergues à Montpellier, sous la présidence de Jacques Gravegeal, délibérant conformément aux dispositions législatives et règlementaires a examiné les points suivants:

 

Considérant que:

 

-Le vin a été reconnu comme partie intégrante du repas Gastronomique des Français qui est inscrit, après études et propositions des ministères des Affaires Étrangères et de la Culture Français, sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l'Humanité, établie par l'UNESCO,

-La culture du vin, partie du patrimoine bi-millénaire, culturel, cultuel, paysager et économique français et européen, transmis de génération en générations, a grandement contribué à la renommée de notre pays, et tout spécialement de sa gastronomie au yeux du monde.

-Au-delà des arts de la Table, légion sont les exemples qui pourraient être cités et démontreraient à quel point unique au monde depuis l'Antiquité, le vin est évoqué dans la production artistique de notre pays, particulièrement dans les domaines de la littérature et de la poésie.

 

 

Considérant par ailleurs, que:

 

-L'activité viticole française, par ses performances sur le marché mondial, représente un élément essentiel de la balance commerciale du pays et donc dans son économie, mais aussi des centaines de milliers d'emplois direct ou indirects et qu'elle est pratiquée dans 18 des 22 régions métropolitaines

-La vigne et le vin constituent, en France, un des bases principales du développement touristique , par la qualité reconnue de ses paysages façonnés, la protection et l'entretien du patrimoine immobilier et monumental qu'elle permet,par la culture de l'accueil développée par les vignerons, et par son rôle primordial dans les arts de la table, éléments indiscutables de l'art de vivre à la Française

-Le vin, consommé avec modération, a largement participé à la bonne santé de nos populations, qu'il joue un rôle actif de lubrifiant social dans la communauté, et que l'éducation a la maîtrise de sa consommation, lorsqu'elle est perpétuée, permet d'éviter les dérives alcooliques.

-Nombre de boissons, tendant à se substituer au vin pour accompagner les repas se révèlent beaucoup plus dangereuses, même en cas de limitation, comme le soulignant les rapports scientifiques internationaux majeurs.

-La majorité de la population française, celle de la plupart des médias, des leaders d'opinion, souhaitent que soient maintenues et protégées les activités vigneronnes, la production des vins français, la reconnaissance internationale dont elle jouit

-L'enseignement français des techniques de la viticulture dispensée par ses écoles d'agronomie accueillant de nombreux étudiants étrangers, par ses centres de recherche, par son histoire, par ses cépages, par la notoriété de ses vins, est reconnue comme le premier au plan international.

 

Considérant que:

 

-Ces réalités objectives sont parfois contestées par des personnes ou des services officiels, entretenant une confusion entre la nécessaire lutte anti-alcoolique protégeant la santé publique, et les apports positifs permis par la consommation modérée de vin, et démontrée par la plupart des études récentes

 

-Que le parlement Français en plein accord avec le Ministre de l'Agriculture de l'époque, a en janvier 2006, prenant en considération les attaques dont le foie gras était l'objet, ajouté l'article suivant au code rural:

Article L654-27-1

Créé par Loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006-aert.74 JORF 6 janvier 2006

le foie gras fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France. On entend par foie gras, le foie d'un canard ou d'une oie spécialement élevée par gavage.

 

Souhaite que

-L'ensemble des élus de France veuille bien prendre connaissance et conscience des faits ci-dessus énoncés et s'engagent dans une démarche assumée de reconnaissance et de défense du vin.

 

Demande que:

 

-Soit d'ores et déjà affirmé clairement par la représentation nationale que le vin fait partie intégrante du patrimoine culturel et gastronomique de notre pays, qu'il convient de protéger, et qu'à cet effet soit ajouté l'article suivant au Code Rural:

 

Article L665-6

créé par la loi n°...........du..........

Le vin produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France.

 

 

Le président Jacques Gravegeal

 

Texte adopté à l'unanimité par la session de la Chambre d'Agriculture de l'Hérault du 28 mars 2011

 

 

Le vin, élément du patrimoine culturel et gastronomique de la France

Norbert Olszak
Professeur à l’École de droit de la Sorbonne - Université Paris 1 - Paris - France.

De la page 7 à la page 8

 

Le 28 mars dernier, la Chambre d’agriculture de l’Hérault, présidée par Jacques Gravegeal, vigneron, a adopté une motion demandant que l’on ajoute au Code rural et de la pêche maritime un article L. 665-6 ainsi libellé : « Le vin, produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France ». Cette motion a été immédiatement bien accueillie par les parlementaires. Dès le 4 avril, Roland Courteau, sénateur de l’Aude (PS) et 36 de ses collègues déposaient une proposition de loi en ce sens et le 7 avril, Robert Navarro, sénateur de l’Hérault (PS) faisait de même, avec une proposition signée par 16 collègues. Les membres de l’Assemblée nationale ont été tout aussi actifs : le 8 avril, Jean-Pierre Grand, député de l’Hérault (UMP) et 40 collègues ont proposé un amendement au projet de loi sur l’hôpital pour introduire ce complément au Code rural, ce qui peut paraître étrange mais on se souviendra qu’en 2009 le débat sur la réforme hospitalière avait déjà permis des modifications concernant la publicité pour le vin (Depuis, pour plus de clarté, cet amendement a d’ailleurs été transformé en proposition de loi, le 1er juin). Enfin, le 19 avril, Philippe Armand Martin, député de la Marne (UMP) et viticulteur, a posé une question écrite au Ministre de l’Agriculture. L’accueil est donc remarquable, dans la majorité et dans l’opposition, mais il est vrai que l’idée cheminait déjà depuis octobre 2005 quand les parlementaires avaient donné ce statut éminent au foie gras dans l’article L. 654-27-1 du Code rural, pour le protéger des attaques anti-gavage. Jean-Charles Tastavy, président des Vignerons Indépendants de l’Hérault, avait alors interpellé le Premier Ministre de passage dans le département en lui disant « Pourquoi pas le vin ?». Et le thème sera ensuite soutenu par Jean Clavel et l’association « Honneur du vin ». De plus, le classement, le 16 novembre 2010, par l’UNESCO du repas gastronomique des Français au patrimoine mondial de l’humanité a donné une place importante au vin et renforcé l’attention de l’opinion, mais une action législative nationale conserve son intérêt pour une véritable protection.