09.01.2010
Le "French Paradox" expliqué
Les bénéfices cardiovasculaires d'une consommation modérée de vin, notamment de rouge, sont maintenant admis, mais sans pouvoir déterminer le mécanisme mis en jeu, ni la cible responsable des effets protecteurs du vin rouge. Pourtant, différents travaux ont identifié les polyphénols contenus dans le vin comme responsables d'un effet vasodilatateur (qui dilate les vaisseaux), via la production de monoxyde d'azote. Dans ce nouveau travail, les chercheurs se sont appliqués à déterminer le mécanisme d'action des polyphénols en jeu. Ramaroson Andriantsitohaina et son équipe ont eu l'intuition qu'un composé activateur du récepteur aux estrogènes (ER) pourrait "allumer la voie du monoxyde d'azote dans les cellules et induire ainsi la réduction admise du risque de maladies cardiovasculaires".
Alors qu'expérimentalement, chez les souris sauvages, les polyphénols du vin rouge conduisent au relâchement vasculaire dans les artères, ils n'entraînent aucune vasodilatation dans les artères de souris déficientes pour le récepteur aux estrogènes. Cela prouve bien que l'effet vasodilatateur des polyphénols, via la production de monoxyde d'azote, nécessite la présence du récepteur aux estrogènes. Par ailleurs, l'utilisation d'une substance bloquant ces récepteurs abolit à la fois la fabrication de monoxyde d'azote et l'activation des voies menant à la formation de cette molécule dans les cellules humaines. Tous ces résultats permettent de conforter scientifiquement les hypothèses sur les effets protecteurs vasculaires de la consommation - évidemment modérée - de vin.
En savoir plus
Source :
“
Estrogen Receptor Alpha as a Key Target of Red Wine Polyphenols Action on the
Endothelium
”
Matthieu Chalopin
1*, Angela Tesse1*, Maria Carmen Martínez1, Didier Rognan2, Jean-François Arnal3 and
Ramaroson Andriantsitohaina
1
1 Inserm, U771, CNRS UMR, 6214, Université d'Angers, Angers, France
2 Bioinformatics of the Drug, UMR 7175 CNRS-ULP (Université Louis Pasteur-Strasbourg I), Illkirch, France
3 INSERM U858, Université Toulouse III Paul Sabatier, CHU (Centre Hospitalier Universitaire), Toulouse, France
* Equal contribution in the work
PLoS ONE
, January 2010, Volume 5, Issue 1, e8554
http://www.plosone.org/article/info:doi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0008554?utm_source=feedburner&utm_medi
um=feed&utm_campaign=Feed%3A+plosone%2FPLoSONE+%28PLoS+ONE+Alerts%3A+New+Articles%29
Contact chercheurs
Ramaroson Andriantsitohaina
Unité Inserm 771 - Biologie Neurovasculaire Intégrée
Prochainement unité Inserm 694 – Mitochondries : Régulations et Pathologie
Email :
ramaroson.andriantsitohaina@univ-angers.fr
Tel : 02 41 73 58 29
Contact presse :
Axelle de Franssu
Email :
presse@inserm.fr
Tel : 01 44 23 60 98
1
:15:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12.12.2009
Prix Louis Malassis 2009
Le secret de la Rabassière
L’auteure décrit avec talent, au travers d’une histoire familiale compliquée, la vie rurale et campagnarde de sa Drome natale, partagée entre vigne, lavande et truffes. A l’horizon, le village de Grignan et son château, celui de la comtesse de Sévigné célèbre par sa correspondance.
La lecture est plaisante, attachante et le style agréable. Mina , belle jeune femme d’origine berbère marocaine, née en France et française, de parents qui après une vie de labeur en usine dans la région parisienne ont rejoint leur Haut Atlas marocain, a épousé Philippe Polignac fils d’un propriétaire de ferme isolée dans les coteaux dromois, et aide familial sur cette exploitation. Le père, Jules, est veuf, c’est un personnage complexe, attaché au terroir, et producteur de truffes, sur des truffières principalement de chênes a feuilles caduques, qu’il exploite avec compétence. Jules transmet son savoir faire, sa compétence, sa méthode de valorisation à Mina qui accepte ce parrainage avec enthousiasme. Philippe est surtout attaché au vignoble du domaine, et est très opposé, par principe, à la production des truffes, l’estimant non rentable. Il accepte difficilement que Mina participe avec Jules à l’exploitation des truffières. Mina comprend mal cette opposition et en cherche les raisons, cette quête va se poursuivre tout au long des 2 tomes de l’ouvrage, et l’on ne découvrira la vérité qu’à la fin du 2° tome. Louise la mère de Philippe est décédée alors qu’il n’avait que 7 ans. Celle ci fille unique, a laissé un échange épistolaire volumineux avec sa mère, Rose, citadine aisée de Valence qui refusait ce mariage avec un paysan opposé à toute modernité, puisque dans cette ferme, il n’y a encore ni téléphone, ni équipement ménager moderne. Mina prend connaissance de ces correspondances et découvre une partie du secret familial, Jules ne serait pas le père de Philippe. Elle prend contact avec une infirmière retraitée, Paule, devenue une notable du village, dont le mari ingénieur agronome a beaucoup travaillé en Afrique, et est mort, jeune, de paludisme. Paule avait suivi, médicalement, la grossesse de Louise et l’avait accouchée de Philippe.
Mina aide Jules dans la commercialisation des truffes, et cela lui permet avec sa complicité, de passer son permis de conduire, sans que Philippe ne soit au courant. A la fin du premier tome, Jules meurt, après avoir été victime d’un accident du travail, dans ses truffières alors qu’il taillait, à l’aide d’une tronçonneuse à moteur, les branches faisant de l’ombre au pied empêchant les truffes de naître et se développer.
Philippe prend la responsabilité de l’exploitation mais laisse Mina, devant son insistance maîtresse des truffières. Elle se fait aider provisoirement, par Pierre Aubanel, jeune ingénieur, fils d’un propriétaire de truffières, Georges, au caractère entier avec lequel il ne s’entend pas. Elle découvre dans le bureau de Georges la photo d’un homme blanc habillé d’une djellaba, dont elle voit aussi une copie chez Paule. Il y a une somme de questions sans réponse et le secret des Polignac persiste. Mais elle se sent attiré par Pierre, jeune homme, enjoué et séduisant.
-Le secret de la Rabassière (tome 2) au pays des bergers Nicole Faucon-Pellet .
Le roman, sur fond d’analyse sociologique de choc de cultures, de paysannerie française, méridionale, marocaine, saharienne, se poursuit tout au long des 500 pages de ce tome 2 (le tome 1 n’en comportait que 200) L’histoire s’étale sur un siècle des arrières grands parents aux petits enfants. D’une époque ou les truffes étaient abondantes et bon marché et consommées localement, ou elles sont devenues un produit de luxe aux prix parfois excessifs
La truffe est un champignon connu depuis des temps immémoriaux. Les truffes ont toujours existé à l’état naturel dans les bois et leurs bordures, cependant personne n’avait su faire la relation entre le champignon et ses arbres hôtes.
C’est un simple paysan du Vaucluse, Joseph Talon qui en 1810, à Saint-Saturnin les Apt, découvrit d’une manière fortuite, la secrète association entre l’arbre et la truffe. Il y a un monument commémoratif de cette découverte sur la place centrale de Saint Saturnin. Les parents de ma belle–fille, Valérie, sont des rabassiers à Saint Saturnin. Ils ont un Mas à 900m. d’altitude, face au Ventoux, le père de Valérie me raconte qu’à l’époque des truffes abondantes, ils descendaient à pied de ce domaine ou ils ont des cerisiers tardifs, jusqu’au village qui est à 300 m. d’altitude, et sur le sentier à travers bois, à la bonne époque, ils arrivaient au village avec une pleine musette de belles rabasses. Ils ont toujours un chien truffier, au Mas du bas.
Mina, toujours à la recherche du secret familial, découvre des liens étranges entre la famille Polignac et la famille Aubanel, liens que Philippe semble ignorer. Elle profite des voyages à Valence pour le compte de Georges Aubanel, pour reprendre contact avec Rose la grand-mère, qui vit encore, sans que Philippe s’en doute. Celle ci lui apprend certaines circonstances et que le père de Philippe est sans doute Antonin Aubanel frère de Georges qui est maintenant au Niger, et a quitté le village au moment de la naissance de Philippe. Mina décide de rendre visite à ses parents dans le haut Atlas marocain, mais en profite pour rejoindre Pierre dans le Sahara.
Antonin, oncle de Pierre, vit à Agadez et a développé une série d’activités commerciales, dont la mise en marché de truffes locales marocaines. Pierre l’a rejoint lorsque les difficultés relationnelles avec Georges se sont aggravées. Une liaison amoureuse s’est établie entre Mina et Pierre, conclusion évidente de développements compliqués de relations familiales sur une longue période. Mais que va-t-il se passer ensuite ? L’ouvrage se termine sur une inconnue, y aura-t-il un troisième tome ?? on attend avec impatience !!!
J’ai lu avec intérêt ces deux tomes, décrivant avec sensibilité une vie paysanne et familiale, complexe et riche, dans la Drome provençale des garrigues et plateaux, avec des développements sur la vie de paysans d’autres pays, en particulier le Maroc, dans la régions du Haut Atlas origine des parents de Mina, et le Niger au Sahara dans la région d’Agadez .
Jean Clavel, membre du Jury Louis Malassis 12/12/2009.
Nicole Faucon-Pellet qui édite à compte d'auteur, est boulangère dans ce village de l'Ardèche du sud, elle écrit depuis longtemps et a publié divers ouvrages toujours attachés au terroir, "Terre d'Ardèche, Terre de passions" "La Tuade du Cochon", "Ardèche soleil d'Orage""La dernière Charbonnière de l'Ardèche" Un dernier ouvrage est en chantier sur le métier de boulanger rural.
Nicole Faucon-Pellet . La Coste" 07700 St Remèze
Tél/Fax 04 75 04 11 86
eot07700@yahoo.fr
09:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : truffes, drome, berbère, atlas, agadez
08.11.2009
Que manger, que boire ??
Réflexions sur les enjeux politiques et économiques
Tout est poison, rien n’est poison, tout dépend des quantités, (Claude Bernard)*
Ma grand-mère paternelle était herboriste, diplômée de la faculté de pharmacie de Montpellier. J’ai vécu mon enfance dans la recherche de plantes utiles à la santé et dans leur odeur une fois séchées ou infusées. Il y avait des plantes, et des modes d’utilisation, pour toutes les affections ordinaires des enfants, des adultes et des animaux. C’était l’époque ou la sécurité sociale n’existait pas, et ou il fallait compter, au plus juste, les dépenses de santé. C’est sous la pression de certains laboratoires, fabricant de médicaments, et de quelques pharmaciens, qui ont profité de la désorganisation totale de la société française et de l’absence de réponse structurée a cette décision, que le Gouvernement de Vichy a décidé la suppression du diplôme et la fin programmée du métier d’herboriste qui avait été créée par la déclaration royale du 25 Avril 1777.
La loi du 21 Avril 1803 avait défini la fonction de pharmacien et celle d’herboriste. Le diplôme d’herboriste était décerné après 2 ans d’étude universitaire par un jury de pharmaciens. Il y avait en 1941, 6000 herboristes en France.
Le 11 Septembre 1941, la profession d'herboriste est supprimée; les herboristes en activité pouvaient continuer leur activité jusqu'à leur disparition, les pharmacies obtiennent le monopole des plantes médicinales. Ces dispositions ont été confirmées par le gouvernement provisoire de 1945, le lobby des labos et pharmaciens veillait au grain.
Un pan de l’histoire de la médecine française a disparu. Les connaissances, les compétences accumulées depuis des millénaires dans l’usage des plantes pour la santé humaine ont sombré dans l’indifférence du court terme de cette tragique époque. Les médecins de l’école de médecine de Montpellier ont ainsi rompu avec leur passé venu des civilisations grecques, arabo-andalouse, et judaïque, et lorsqu’ ils revêtent la robe de Rabelais au moment de leur prestation de serment, ils oublient que ce médecin célèbre allait herboriser à Grammont, à Mireval, au Pic Saint Loup, ce que nous rappelle les Frères Platter dans leurs célèbres récits de leurs années de médecine à Montpellier. Le grand herbier de l’Ecole et le jardin des plantes sont devenus des monuments historiques.
Pourtant il existe encore de grandes choses a faire avec les plantes : par exemple avec la Stevia rebaudiana qui a un pouvoir sucrant 200 fois supérieur au sucre, tout en affichant zéro calorie et sans influence sur la glycémie du sang. Elle pousse dans les forêts d’Amérique du Sud .
Inoffensive en apparence, cette plante dispose de tous les atouts pour faire trembler le marché très prisé des édulcorants.
L’une de ses applications industrielles est la feuille séchée réduite en poudre, à utiliser comme du sucre classique. Une autre est l’extraction des molécules qui donnent le goût sucré : les steviol, les stéviosides et les rebaudiosides. Le produit fini sert alors d’édulcorant dont les applications dans le monde des allégés sont innombrables : sauces, confiseries, boissons, plats cuisinés, produits lactés, pâtisseries… Les géants américains du soda ne s’y sont pas trompés et s’apprêtent à utiliser l’un des composés de la plante dans leurs boissons sucrées. Coca Cola a déposé une série de brevets sur ces dérivés.
Elle est consommée au Japon depuis 1975, et possède 40 % du marché des édulcorants. En Chine sa production et sa consommation sont généralisées. En France, elle est totalement méconnue. Et sa vente soumise à une régulation casse-tête. Après bien des déboires, elle vient de l’autoriser comme édulcorant (JO du 6/09/2009). La Chambre d’Agriculture de l’Hérault a décidé de mettre en place un programme d’étude et de développement de la culture de la Stévia Rebaudiana. Bravo !!
La législation européenne est indigeste. Et selon qu’on utilise la plante entière ou ses extraits, on ne tombe pas sous le coup de la même réglementation. Pour utiliser une plante en Europe, il faut qu’au moins un des pays de l’Union la consomme. Ce qui n’est pas le cas, la plante poussant en Amérique du Sud. «Stevia rebaudiana est un aliment qui n’était pas consommé de façon significative en Europe avant 1997. A ce titre elle dépendrait du règlement européen Novel Food, relatif aux nouveaux aliments et aux nouveaux ingrédients alimentaires. Elle doit faire l’objet d’une autorisation de mise sur le marché», explique-t-on à la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes. Ainsi, une plante utilisée depuis des millénaires par les Amérindiens est considérée comme nouvelle en Europe.
On peut comprendre que les producteurs français et européens défendent leur production de sucre. Mais lorsqu’il s’agit de santé publique on pourrait s’attendre à une évolution règlementaire.
Cette réalité vécue, m’a donné, définitivement, le sentiment que l’intérêt général de notre société est sous la menace permanente d’intérêts personnel ou privés.
*Claude Bernard, 1813/1878, fils de vigneron de Saint Julien en Beaujolais, fondateur de la médecine expérimentale, spécialiste de la physiologie, il a découvert le mécanisme du diabète, et bien d’autres pathologies. La Faculté de médecine de Lyon porte son nom.
1° Industriels de l’agro-alimentaire et orientation nutritionnelle des français :
Jamais la connivence entre experts, médecins, nutritionnistes, professeurs et industriels de l’agroalimentaire n’avait été poussée à ce point. (Thierry Souccar et Isabelle Robard in : Santé, mensonges et propagande, au Seuil 2004).
Le Plan Cancer 2009/2013 présenté le 2/11/2009 à Marseille par le président de la République nous en donne un exemple. Ce plan fait référence au rapport international WCRF/AICR, détaillant les aliments et boissons qui, dans certaines conditions de consommation, sont dangereuses pour la santé humaine.
Les objectifs et recommandations de la Commission d’enquête de WCRF, atteints après cinq années de travail, sont guidés par les recommandations de santé publique et de santé personnelles.. Elles sont basées sur les meilleures preuves disponibles, preuves qui ont été identifiées, collectées, analysées, montrées, résumées et jugées systématiquement, en respectant la transparence et l’indépendance. Les objectifs pour la santé publique sont destinés principalement aux professionnels de la santé ; les recommandations visent le public.
La commission indique qu’il y a suffisamment de preuves pour dire que les causes d’un grand nombre de cancers, y compris des cancers communs, sont dus à l’excès de gras corporel ou à l’inactivité physique. Pour cette raison, les trois premiers groupes d’objectifs et recommandations ont été mis au point pour servir de point de départ pour la politique, les programmes et les choix dont le but est de maintenir un poids corporel sain et de continuer à pratiquer une activité physique tout au long de la vie.
Le rapport WCRF désigne très clairement 3 causes principales des cancers de tous types, et place ces causes en priorité dans les actions de réduction des risques a mener, tant au plan des politiques publiques de santé qu’au niveau des recommandations a faire aux personnes.
A :Gras corporel : Etre aussi mince que possible en restant dans les normes de poids corporel.
B :-Activité physique : Etre aussi actif que possible au quotidien
C : Eviter les boissons sucrées, soft drink, de type sodas ou colas. Limiter la consommation d’aliments denses en énergie, type fast food et les jus de fruit.
Il y a donc une hiérarchie établie par WCRF dans les risques de cancer, un premier groupe de 3 causes principales et 5 recommandations parmi lesquelles figure les recommandations en matière de consommation de boissons alcoolisées. Le rapport WCRF précise que parmi les produits de l’agroalimentaire, les boissons sucrées, et les aliments type Fast Food sont classés à éviter ou limiter. L’épidémie mondiale d’obésité, de surpoids, de diabète de type 1 est provoquée, aussi, par l’abus de boissons sucrées et de nourriture trop riche des « fast food ».
Voici ce qu’indique le WCRF en ce qui concerne la consommation de boissons alcoolisées
RECOMMANDATION 6
LES BOISSONS ALCOOLISEES
Limiter les boissons alcoolisées
OBJECTIF POUR LA SANTE PUBLIQUE
La proportion de la population qui boit plus que la limite préconisée est à réduire d’un tiers tous les 10 ans
RECOMMANDATION PERSONNELLE
Si des boissons alcooliques sont consommées, limiter la consommation à un maximum de deux boissons par jour pour les hommes et une par jour pour les femmes (1.)
1) cette recommandation prend en compte la possibilité d’un effet protecteur contre la maladie
coronaire . l’effet protecteur est ,dans le texte WRCF, considéré comme « Prouvé »
Rien dans le rapport WCRF n’indique le danger d’une consommation modérée de vin, ce que laissait penser le rapport INCa qui insiste sur la pseudo augmentation du risque de cancer des voies aéro digestives supérieures (VADS) de 168 % dès le premier verre de vin !!!!
Extraits de la brochure INCa, (pages 15/16 et 45) : Nutrition et Prévention des cancers. Des connaissances scientifiques aux recommandations
Estimation de l’augmentation du risque cancer par verre d’alcool consommé par jour d’après les relations jugées convaincantes par les méta-analyses d’études de cohortes réalisées dans le cadre du rapport WCRF/AICR 2007
Pourcentage d’augmentation du risque de cancers par verre de boisson alcoolisée par jour.
Bouche, pharynx et larynx 168
OEsophage 28
Côlon-rectum 9
Le vin rouge protège-t-il du cancer ?,
> Non, au contraire.
Pourquoi ?
Aucune boisson alcoolisée, même le vin, n’a d’effet protecteur vis-à-vis du
cancer. Les preuves scientifiques démontrent que toutes les boissons alcoolisées
sans exception, que ce soit la bière, le vin, le champagne ou les alcools forts,
augmentent le risque de plusieurs cancers. Le facteur qui compte est la quantité
d’alcool consommée.
Il est important de rappeler qu’en matière de prévention des cancers, la consommation
d’alcool, et notamment de vin, est déconseillée
De nombreuses études démontrent les effets positifs sur la santé d’une consommation modérée de vin, en particulier sur les maladies cardio-vasculaires et le cancer, en particulier celles conduites par le docteur Dominique Lanzmann en continuité de celles du professeur Serge Renaud (French Paradox): L’étude DL concerne une cohorte de 100 000 personnes examinées au centre de médecine préventive de Nancy entre 1978 et 1985 dont la mortalité a été documentée jusqu'en 2005. En mortalités générales par cancer, non prématurées, sur population « saine » au départ, 4128 décès par cancers chez les hommes et 2077 décès par cancers chez les femmes ont été pris en compte.
Grâce aux questions relatives à leur mode de vie, l’équipe du Dr Lanzmann a pu isoler au sein des volontaires les buveurs d’alcool, et parmi eux les buveurs de vin, dont la « préférence vin » a été définie comme une consommation d’alcool où le vin représente plus de la moitié de la quantité d’alcool consommée. La quantité d’alcool consommée a été exprimée en g/kg pour éviter les biais de la taille et du poids des volontaires considérés.
Le vin contient des polyphénols antioxydants et protecteurs. Le vin, c'est du jus de raisin fermenté, enrichi en polyphénols (composants naturels des plantes très présents dans la vigne). Dans ce breuvage inscrit dans notre patrimoine culturel, il y a deux effets antagonistes : l'effet alcool et l'effet fruit. Or, à doses modérées, l'effet fruit du vin est supérieur à l'effet alcool (Docteur Dominique Lanzmann)
Rapport du HCSP (Haut Conseil de Santé publique du 9 juillet 2009 :
Pour le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) les recommandations de l'Institut national du cancer manquent d’arguments scientifiques :
Le HPSP a été saisi le 11/02/2009 par la Ministre de la Santé et le 24/03/2009 par le Directeur Général de la Santé Didier Houssin, dans des termes presque identiques. C’était comme si la ministre avait pris de vitesse, son directeur général !! Mais les dates ont leur importance ! La conférence de Presse ayant lancé le rapport et la brochure dont nous contestons le contenu est du 17/02. La saisine par la Ministre du HCSP est antérieure à l’engagement public de l’INCa.
La critique formulée par le HCSP n’est pas très éloignée des positions exprimées dans www.honneurduvin.com . Si on lit entre les lignes c’est une mise en cause des méthodes et des conclusions de l’INCa et de l’INRA NACRe, en particulier lorsque le rapporteur HCSP indique que tous les services de l’Etat s’exprimant en matière de Santé Publique devraient harmoniser leurs positions trop diverses, avant de communiquer. Cela s’adresse en premier lieu à l’INCa mais aussi à l’INRA dont l’une des chercheurs a été l’agent moteur du rapport incriminé. Est-ce que la directrice générale de l’INRA, qui refuse d’admettre sa responsabilité dans le fait qu’un de ses laboratoires, ait émis des opinions peu étayées sur la dangerosité du premier verre de vin dans le risque cancer, va changer d’avis, après le rapport HCSP ?
2° :Le Plan Cancer 2009/2013
La première étape du plan cancer présenté par le Président de la République à Marseille le 2/11/2009, apportant ainsi un soutien inattendu au professeur Maraninchi, président de l’INCa, pourtant très contesté par le HCSP, est un rapport demandé au professeur Grunfeld, qui lui est remis en mars 2009. Tout n’est pas négatif dans ce rapport, mais la lutte contre l’alcoolisme occupe une place particulière et le vin est cité plusieurs fois comme cause principale de celui-ci :
Extrait : Recommandation : Faire connaître l’alcool comme facteur
de risque de cancer.
La population générale connaît très peu le lien entre alcool et cancer. C’est avant tout cette prise de conscience que doit viser le futur Plan Cancer. Or ce message est d’autant plus inaudible que les informations données sur les seuils limites de consommation non excessive (deux verres par jour pour les femmes et trois verres par jour pour les hommes) sont compris comme des recommandations de santé……..
- Apposer des messages sanitaires sur les contenants de
boissons alcooliques permettant d’apprécier le niveau de consommation.
- Encadrer les messages sanitaires qui apparaissent sur
les publicités pour les boissons alcooliques en les rendant plus visibles et plus lisibles et en évitant les messages ambivalents tel que « à consommer avec modération ».
_ Recommandation : Poursuivre l’objectif de réduction de la consommation d’alcool.
En 2006-2007, la consommation d’alcool a stagné pour la première fois alors qu’elle montre une tendance générale à la baisse depuis les années 1960.
Augmenter les prix des boissons alcooliques par la fiscalité constitue une des mesures les plus efficientes pour réduire la consommation d’alcool, d’après les évaluations disponibles ; il est intéressant de se donner comme un objectif le rendement fiscal, c’est à dire
d’augmentation des prix permettent de financer une politique de prévention du risque de cancer lié à la consommation d’alcool.
_ Mesure : Examiner l’augmentation des prix du vin et de la bière afin de pouvoir financer les politiques de prévention.
A l’inverse de la lutte contre le tabac, la réduction de l’offre d’alcool constitue l’un des moyens les plus efficaces pour réduire la consommation globale d’alcool. Des mesures
dans ce sens peuvent s’inscrire dans le cadre du chantier visant à simplifier et sortir les archaïsmes de la législation en vigueur relative aux débits de boissons. Celle-ci classe
les alcools en fonction de leur dangerosité perçue au début du XXe siècle et non selon des critères scientifiques. De plus, elle prend largement son origine dans une époque
où la consommation de boissons alcooliques avait lieu en dehors du domicile alors que de nos jours l’épicerie (la« petite » et la grande distribution) représente 85% des volumes achetés.
. Les mesures proposées nous ont profondément préoccupées, en particulier l’augmentation très importante des taxes sur le vin, pouvant atteindre 1000%. Cette mesure est pour le moment abandonnée, mais une autre mesure proposée est retenue dans le plan présenté à Marseille, c’est celle qui consiste à indiquer sur les contenants destinés à la consommation, la quantité d’alcool contenue dans le récipient, est ce que cette indication viendra s’ajouter au degré du vin ? Nous n’en savons encore rien !!
Mais la désinformation concernant les risques de santé publique, par la consommation massive de boissons sucrées et d’aliments Fast Food se poursuit :
La Mesure 11 du Plan cancer 2009/2013 :
Promouvoir des actions de prévention sur les liens entre l’alimentation, l’activité physique et les cancers : (extraits)
Le rôle des facteurs nutritionnels comme facteurs de protection ou de
risque des cancers est de mieux en mieux connu comme l’atteste la publication
du dernier rapport du WCRF/AICR
« Food, Nutrition, PhysicalActivity, and the Prevention of Cancer : a Global Perspective »
en novembre 2007.
Ce dernier, considéré comme un document de référence internationale
dans le domaine, a réévalué les niveaux de preuve des relations
entre la nutrition et le risque de cancers. Il montre ainsi que certains
facteurs comme l’activité physique, la consommation de fruits et légumes
et l’allaitement peuvent réduire le risque de cancers. D’autres, en revanche,
peuvent augmenter le risque de leur apparition; c’est le cas du surpoids
et de l’obésité, des boissons alcoolisées, des viandes rouges, de la charcuterie
ou encore du sel.
Alors que le WCRF/AICR place les boissons alcoolisées au niveau 6 des risques, le plan Cancer 2009/2013 le place en 2° position et oublie les risques dus aux boissons sucrées et la nourriture Fast Food. Cette orientation constante de la Direction Générale de la Santé du Ministère met en danger une partie de la population, la plus vulnérable aux publicités, la moins informée, celle dont les ressources sont limitées. Il est beaucoup plus dangereux pour la santé publique de laisser consommer sans limite des boissons sucrées et des aliments gras et salés, que d’agir sur la consommation de vin dont on sait qu’elle diminue constamment en France et que cette boisson n’est en rien dans l’alcoolisation de certains jeunes. On devine les entreprises internationales concernées. C’est pourtant celles qui sont en grande partie à l’origine de l’augmentation importante de l’obésité chez les jeunes et du développement du diabète de type 1.
L’INSEE établit des statistiques des consommation alimentaires des français qui abandonnent peu à peu les produits alimentaire frais, leur consommation s’est réduite de 60% en 40 ans, pour consommer des plats préparés, (+ 5,5 % par an depuis les années 1960, ) ou des produits très transformé. Depuis cette époque la consommation de confiseries ou de pâtisseries industrielles a augmenté de 200%.
Qui sont les pourvoyeurs de cette surabondance de d’aliments hautement transformés, sucrés et gras, à l’origine des désordres métaboliques dénoncés par les chercheurs indépendants et le WCRF ?
Ces multinationales de l’agroalimentaire, sont les donneurs d’ordre publicitaires les plus importants de la presse, des magazines, de la radio et de la télévision. Ils ont ainsi des moyens de pression considérables sur tous les médias, les contrôlent de façon directe ou indirecte et en vérifient le contenu. Quel magazine ou quotidien peut refuser la publicité Coca-Cola ? Ces entreprises agro-alimentaires ont aussi des connivences avérées avec les grandes centrales et les chaînes de distribution internationales.
Pour développer la consommation de ses produits, l’industrie agroalimentaire n’hésite pas a entraîner des scientifiques connus, en finançant leurs laboratoires, souvent impécunieux, les proposant aux colloques grand public, aux salons médicaux où ils ventent habilement les qualités des produits. De nombreuses confusions sont ainsi développées entre des fonctions de responsables scientifiques d’organismes publics comme le CNA (Conseil National de l’alimentation) le PNNS programme national nutrition-santé), l’INSERM, l’AFSSA……Nous connaissons bien les noms de professeurs de médecine et de médecins experts arrondissant leur revenus avec des fonctions rémunérées dans les grandes entreprises de l’agroalimentaire. (www.lanutrition.fr )
Un autre exemple des rapports de force existant entre certaines productions agro-alimentaires et l’intérêt général nous a été donné par les débats à l’Assemblée Nationale sur le Budget 2010. Une proposition de loi avait été retenue par la Commission des Finances de l’A.N., elle concernait une taxe de faible importance sur les boissons sucrées, taxe destinée à alimenter le budget du BAPSA (budget annexe des prestations sociales agricoles) toujours en grand déficit a cause du déséquilibre démographique du secteur agricole entre retraités et actifs. Le rapporteur de cette proposition expliquait qu’il y avait deux bénéfices à attendre de cette taxe, l’un concernait le BAPSA, l’autre la pression fiscale sur une boisson dont les effets néfastes sur la santé des jeunes français était prouvée. L’Assemblée nationale a rejeté cette proposition, avec le soutien inattendu du principal défenseur infatigable de la loi Evin !!! Est-il proche, ou financé par le lobby sucrier ?
3°-Besoins alimentaires futurs au niveau mondial, nature et contenu de cette alimentation
Le 22 octobre 09, Agropolis international en partenariat avec la Société de Biologie, l’INRA, l’Agro et divers autres partenaires a organisé, à Montpellier, une journée d’information et de débats sur les problèmes alimentaires futurs du monde, compte tenu de l’augmentation prévisible de la population qui pourrait atteindre 9 milliards d’individus dans 30 ou 40 ans !! Cette journée de rencontre scientifique s’est terminée par une conférence grand public à la salle Pétrarque à Montpellier, animée par le professeur et médecin Xavier Leverve de l’INRA et l’INSERM. J’ai assisté à cette conférence, passionnante par certains aspects, mais qui péchait aussi par le fait que le conférencier de niveau international, au débit rapide, ne cherchait pas à se mettre au niveau grand public et a utilisé un système de vidéo conférence en partie en anglais.
Après une description rapide de l’évolution de l’alimentation humaine depuis la préhistoire, et les différences fondamentales de l’alimentation en fonctions de l’environnement, exemple de l’alimentation des esquimaux qui pendant des millénaires ont consommé exclusivement des protéines et des corps gras d’origine marine ou animale, et des indigènes de l’Indonésie, qui également depuis des millénaires ont consommé exclusivement des plantes et des fruits d’origine végétales.
Les famines et pénuries alimentaires fréquentes, ont provoqué des attentes fortes induites par l’inconscient collectif, vers tous les aliments salés, gras, sucrés. On a même dit que des gènes avaient été modifiés par ces problèmes et comportements alimentaires, ce qui n’est pas le cas.
Depuis 2 siècles une évolution sensible de l’alimentation des habitants des pays développés s’est poursuivie, avec une accélération rapide depuis 30 ans, si rapide que le corps humain n’a pu s’adapter, entraînant des bouleversements alimentaires ayant de graves conséquences en matière de Santé Publique, a cause de cet attrait, hérité du passé, vers tout ce qui est gras, salé, sucré, qui, désormais, est offert en abondance, alors que les besoins énergétiques diminuent sans cesse. Il en résulte des déséquilibres alimentaires entraînant des pathologies affectant des populations entières, comme l’obésité et le diabète.
Le conférencier à démontré, à partir d’études sur les animaux de laboratoire l’influence des régimes alimentaires sur la santé et sur la durée de vie. Il en a conclu que cette situation actuelle entraîne des défis scientifiques et/ou sociétaux.
Il a terminé par une forte démonstration à l’aide de mappemondes évoluant en fonction de critères de revenus par pays, de productions alimentaires, de population, de besoins et de consommation alimentaire semaine en terme de dépenses. La France 500 € semaine pour une famille de 4 personnes, le Tchad quelques € semaine. Sous 30 à 50 ans la population du globe atteindra 9 milliards d’êtres humains, qu’il faudra nourrir.
Alors que l’évolution mondiale tend à copier, pour tous pays, le mode alimentaire des pays riches, ce qui rend impossible la satisfaction des besoins de l’humanité, il faut activer la recherche fondamentale et appliquée pour limiter à la fois les évolutions climatiques, assurer la protection de l’environnement, et faciliter la production alimentaire suffisante. Ceci ne pourra se produire qu’avec des changements profonds des comportements et des habitudes des habitants de nos pays.
Il est proposé ensuite une brève discussion autour de ce sujet:
A la suite d’une question d’un participant, un représentant de l’INRA a développé la problématique actuelle de la production agricole, dans les perspectives d’une population mondiale en rapide expansion. Ce qui a entraîné une série de questions sur l’utilisation d’OGM, sur celle de l’utilisation de pesticides, et enfin sur la production BIO.
L’INRA n’a jamais été favorable, au niveau des principes, au concept BIO. La production agricole est, selon l’Institut, quelque soit sa forme, intensive avec l’aide de la chimie, ou plus naturelle fondée sur la vie du sol, les apports humiques et les défenses naturelles, de nature biologique. La notion BIO est un non sens !!!
Mais le réalisme impose maintenant, d’intégrer dans les plans de travail de l’INRA, le concept BIO qui répond à un besoin sociétal des pays développés. Mais il est clair également que la priorité INRA concerne tout ce qui se rapporte à l’intensification des production pour répondre aux besoins futurs de l‘humanité. Etant donné que les principes BIO entraînent souvent des réductions de rendement, et des augmentations de coût unitaire, il y a, dans ces circonstances un paradoxe difficile à gérer En conséquence, les réponses de l’INRA aux questions sur les OGM, sur l’utilisation des pesticides, sur les productions BIO sont simplistes, sans nuance et globales.
Jean Clavel
7/11/2009
10:14 Publié dans Réflexion sur l'actualité viticole | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


