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12/11/2014

Les dangers planétaires du Réchauffement Climatique

 

 

Le réchauffement climatique, également appelé réchauffement planétaire, ou réchauffement global, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans et de l'atmosphère terrestre, mesuré à l'échelle mondiale sur plusieurs décennies, et qui traduit une augmentation de la quantité de chaleur de la surface terrestre. Dans son acception commune, ce terme est appliqué à une tendance au réchauffement global observé depuis le début du XX Siècle.

 

En 1988, l'ONU crée le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) chargé de faire une synthèse des études scientifiques sur cette question. Dans son dernier et quatrième rapport, auquel ont participé plus de 2 500 scientifiques de 130 pays, le GIEC affirme que le réchauffement climatique depuis 1950 est très probablement dû à l'augmentation des gaz à effet de serre d'origine des activités humaines, industrielles et domestiques. Les conclusions du GIEC ont été approuvées par plus de 40 sociétés scientifiques et académies des sciences, y compris l'ensemble des académies nationales des sciences des grands pays industrialisés. Dans une étude publiée fin 2012, qui a compilé et comparé des simulations issues de 20 modèles informatiques différents et des informations issues des observations satellites, une équipe de climatologues du Lawrence Livermore National Laboratory du département de l'Énergie des États-Unis et de 16 autres organisations a conclu que les changements de température de la troposphère et de la stratosphère sont bien réels et qu'ils sont clairement liées aux activités humaines.

 

Les projections des modèles climatiques présentées dans le dernier rapport du Giec indiquent que la température de surface du globe est susceptible d'augmenter de 1,1 à 6,4 °C supplémentaires au cours du XXIe siècle. Les différences entre les projections proviennent de l'utilisation de modèles ayant des sensibilités différentes pour les concentrations de gaz à effet de serre et utilisant différentes estimations pour les émissions futures. La plupart des études portent sur la période allant jusqu'à l'an 2100. Cependant, le réchauffement devrait se poursuivre au-delà de cette date, même si les émissions s'arrêtent, en raison de la grande capacité calorifique des océans et de la durée de vie du dioxyde de carbone et des autres gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

 

Des incertitudes sur la hausse de température globale moyenne subsistent du fait de la précision des modélisations employées, et des comportements étatiques et individuels présents et futurs. Les enjeux économiques, politiques, sociaux, environnementaux, voire moraux, étant majeurs, ils suscitent des débats nombreux, à l'échelle internationale, ainsi que des controverses. Néanmoins l'impact économique, sociologique, environnemental voire géopolitique de ces projections est globalement négatif à moyen et long terme

 

Le nouveau rapport du Groupement international d'experts sur le climat (Giec), qui servira de base aux chefs d’État en vue de la conférence sur le climat prévue en 2015 à Paris, a de quoi inquiéter. Dans ce document (PDF en anglais), publié dimanche 2 novembre, les experts sur le climat sont clairs : il reste peu de temps pour agir si l'on souhaite que le réchauffement climatique se limite à seulement 2°C supplémentaires.Pour cela, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devront être réduites de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et disparaître à l'horizon 2100. Un réel défi devant l'ampleur du phénomène.

 

Les effets du réchauffement sont déjà visibles

 

Pour le vice-président du Giec, cela ne fait pas de doute : "L'atmosphère et les océans se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace ont diminué, le niveau de la mer a augmenté." Les experts avancent des chiffres : entre 1901 et 2010, le niveau moyen des océans s'est ainsi élevé de 19 cm. En Arctique, une région qui se réchauffe plus rapidement que le reste de la planète, la surface de la banquise a diminué de 3,5 à 4,1% par décennie entre 1979 et 2012.

 

Les impacts du réchauffement sont même déjà visibles sur tous les continents. Les scientifiques notent ainsi des précipitations accrues dans certaines zones et en baisse ailleurs. La sécheresse accrue en certains milieux africains sensibles est déjà actée. Une des conséquences du réchauffement planétaire sur lesquelles s'accordent les scientifiques est une montée du niveau des océans. Deux phénomènes engendrent cette élévation :

 

  • l'augmentation du volume de l'eau due à son réchauffement (dilatation thermique) ;

  • l'apport d'eau supplémentaire provenant de la fonte des glaciers continentaux et des calottes polaires. Ce dernier phénomène s'étale sur une longue durée, la fonte des glaciers se mesurant à l'échelle de plusieurs décennies, et celle des calottes polaires sur plusieurs siècles ou millénaires.

De même que pour les températures, les incertitudes concernant le niveau de la mer sont liées aux modèles, d'une part, et aux émissions futures de gaz à effet de serre, d'autre part.

L'élévation entre 1993 et 2003 est estimée à 3,1 mm par an (plus ou moins 0,7 mm),

L’élévation prévue du niveau de la mer en 2100 est de 18 à 59 cm, selon le quatrième rapport du Giec. Il s'agit probablement d'une estimation minimaliste, car les prévisions sont basées uniquement sur le réchauffement futur de l'océan et la fonte prévue des glaciers de montagne, en excluant les phénomènes liés à une instabilité possible des calottes polaires, récemment mis en évidence.

Une montée des eaux de quelques centimètres n'a pas d'impact très visible sur les côtes rocheuses, mais peut avoir des effets très importants sur la dynamique sédimentaire des côtes plates : dans ces régions, qui sont en équilibre dynamique, la montée des eaux renforce les capacités érosives de la mer, et déplace donc globalement l'équilibre vers une reprise de l'érosion qui fait reculer les côtes. La montée du niveau moyen de la mer a ainsi des effets beaucoup plus importants que la simple translation de la ligne de côte jusqu'aux courbes de niveau correspondantes.

Dans ces conditions, certaines régions très peuplées de la planète, situées en zones côtières a très faible altitude (exemple Bangladesh) sont directement concernées, et des migrations très importantes de population devaient être envisagées et étudiées dans plusieurs régions du globe.

La convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques est signée en 1992 lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Elle entre en vigueur le 21 mars 1994. Les signataires de cette convention se fixent comme objectif de stabiliser la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère à « un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du climat ». Les pays développés ont comme objectif de ramener leurs émissions de gaz à effet de serre en 2010 au niveau de 1990, cet objectif n'étant pas légalement contraignant.

En 1997, les signataires de la convention cadre adoptent le protocole de Kyoto, dont la nouveauté consiste à établir des engagements de réduction contraignants pour les pays dits de l'annexe B (pays industrialisés et en transition) et à mettre en place des mécanismes dit « de flexibilité » (marché de permis, mise en œuvre conjointe et mécanisme de développement propre) pour remplir cet engagement. Le protocole de Kyoto est entré en vigueur le 16 février 2005 à la suite de sa ratification par la Russie.

En juillet 2006, le protocole de Kyoto est maintenant ratifié par 156 États. Les États-Unis et l'Australie (voir ci-dessous) ne sont pas signataires. Les États-Unis sont pourtant le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre avec environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Les pays de l'annexe B se sont engagés à réduire leurs émissions de six gaz à effet de serre de 5,2 % en 2008-2012 par rapport au niveau de 1990.

La résolution du problème du réchauffement climatique implique de prendre en considération non seulement les paramètres qui interviennent directement dans le réchauffement, à savoir les émissions de gaz à effet de serre, mais également l'ensemble des informations environnementales, ainsi que des indicateurs sociaux et économiques, selon les principes élaborés au sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, qui a identifié trois piliers dans le développement durable : 1°environnement, 2°social, 3° économique.

La réponse des États se fait donc aujourd'hui au travers de stratégies nationales de développement durable, celles des collectivités au travers d'agenda 21, et celles des entreprises au travers de la responsabilité sociétale des entreprises.

Effet du réchauffement sur les vignobles

En trente ans, les vendanges ont été avancées de deux à trois semaines selon les régions ! - . Les agronomes de l’Inra de Colmar ont ainsi estimé que vers le milieu du XXIe siècle, les dates de mûrissement des cépages riesling et gewurztraminer pourraient encore être avancées de 18 jours. Cette précocité ne serait pas sans effet sur la qualité des raisins. Des raisins plus sucrés, moins acides. Un vin plus alcoolisé avec des arômes différents. Une vigne qui doit supporter plus de chaleur et des périodes de sécheresse. Qui fleurit plus vite, mûrit plus tôt. Un vignoble qui fait face à de nouveaux ravageurs et maladies.
La vigne est une plante extrêmement sensible au type de sol où elle s’enracine et aux variations climatiques. Au cours de l’histoire, elle a été plantée dans des lieux précis, pour tirer parti de cette dépendance, qui s’exprime jusque dans la qualité des vins. Quelques mètres carrés font parfois même la réputation d’une cuvée ! Cette forte réponse aux infimes modifications de son écosystème fait de la vigne un modèle d’étude privilégié pour les chercheurs.

Planter aujourd’hui pour demain

Les chercheurs du projet Laccave étudient les différentes solutions pour adapter au plus vite le vignoble français au changement climatique. Ils explorent ainsi les possibilités de relocaliser les vignes dans des zones plus fraîches, plus en altitude. « Il y a autant de variabilité du climat au sein d’une même région viticole (même petite) qu’entre deux régions viticoles » nous disent des spécialistes de l’étude du climat à petite échelle, comme Hervé Quénol et Benjamin Bois, tous deux participants au projet Laccave. Sur les domaines expérimentaux de l’Inra en Alsace, en Aquitaine et en Languedoc Roussillon, les chercheurs testent de nouvelles variétés, plus tardives, plus résistantes à la sécheresse et à la chaleur. Ils évaluent de nouvelles pratiques viticoles : introduisant l’irrigation, réduisant la taille et l’effeuillage de la vigne pour mieux protéger le raisin du soleil. Les caves sont leurs laboratoires : ils testent différentes techniques pour réduire le taux d’alcool des vins ou modifier le pH du jus de raisin… D’autres encore interrogent les professionnels pour mieux savoir comment ils vont réagir face au changement climatique et aux adaptations à envisager. Enfin le consommateur final n’est pas oublié. Son goût pour les nouveaux vins et sa volonté d’achat sont analysés finement. Rien n’est laissé de côté !





Sources : Diverses, réunies par Jean Clavel, rapports du GIEC, Internet, Wikipedia, INRA....

 

 

 

30/09/2014

Cépages rouges du Languedoc

Les cépages rouges des vins à Appellation d'Origine Protégées

AOP « Languedoc »

 

 

Le Carignan :

 

C'est un cépage autrefois bien aimé des vignerons, qui était associé à la présence de l'aramon.Son feuillage est beau , son bois est dur, son port érigé. Il réagit bien aux soins de culture, il résiste au stress hydrique de l'été, il a un rendement régulier qui, si on le pousse avec des engrais azotés et de l'irrigation, peut devenir très élevé, Il est bien adapté au mode de conduite économique en taille gobelet. Son vin est à son image, droit, ferme et carré et son degré alcoolique acceptable même en cas de fort rendement. C'est le cépage qui résiste le mieux à des conditions culturales défectueuses.

Sur certains terroirs aux vieilles vignes à faible rendement, avec une vinification et un élevage adéquat, le carignan en assemblage, en particulier, avec le grenache produit dans les mêmes conditions, , fait de grands vins languedociens. En vin de cépage unique, conduit avec rigueur, il donne des résultats étonnants recherchés par quelques amateurs de vins exceptionnels.

Dans ces cadres, il faut le maintenir et le protéger. Mais ces localisations sont relativement rares.. On a parfois la tentation de justifier la présence du carignan, dans des secteurs inadaptés, , grâce au prestige acquis par des vins exceptionnels. Car dans une même commune, ou il peut donner d'excellents résultats, il existe des localisation de carignan, catastrophiques.

Les consommateurs traditionnels et quotidiens de vin, espèce à laquelle j'appartiens, en voie de disparition, avaient des habitudes alimentaires d'autrefois, des plats consistants, qui tenaient chaud au dedans et permettaient de résister à des conditions de vie parfois difficiles, des conditions de travail physiques, demandant des calories et de l'énergie .Ces habitudes alimentaires disparaissent progressivement et les vins qui allaient avec, sont de moins en moins consommés. Nous apprécions , de temps en temps un bon cassoulet, une bonne daube, un civet goûteux, un ragoût de mouton ,mais ces plats disparaissent de l'alimentation courante.

C’était pourtant sur ces mets consistants que l'on appréciait le plus un bon carignan, dont la rugosité s'accordait à merveille. La transformation des modes de vie , les nouveaux consommateurs de pays aux modes alimentaires très différentes, dont le palais sensible a été formé par les laitages et les cocas, entraîne une autre approche du vin, dans les circonstances de consommation, dans l'image qu'il véhicule, dans le discours qui l'accompagne.Mais il existera toujours des amateurs, des connaisseurs, des découvreurs, fréquentant les cours de dégustation, pratiquant le tourisme œnologique, recherchant le produit exceptionnel le cépage rare, dont les leaders d'opinion, les médias parlent, qui permettront le maintien de produits hiérarchisés, aux prix conséquents , que les artisans vignerons produiront, et qui seront élevés dans les celliers de consommateurs exigeants. Le carignan a sa place dans cette perspective .

 

Le Grenache noir :

Il est la base qualitative des vins AOP du Languedoc, il est à sa place sur des terroirs sec et chaud, c'est la raison pour laquelle, il a été rendu obligatoire pour 20% de l'encépagement AOP Languedoc . Le feuillage du grenache est vert tendre et pâlit à l'automne .A cette saison les feuilles sont presque transparentes. Les sarments au port dressé , sont en hiver parfaitement reconnus par les spécialistes , à leur couleur marron clair aux nuances jaune oranger.Les grappes mûres sont solides, bien implantées , les grains sont souvent clairsemés. Lorsqu'il est vendangé à bonne maturité , et vinifié avec beaucoup de soins, il donne des vins d'une grande finesse. Il apporte aux vins rouge le gras, la rondeur, et la liqueur, certains arômes floraux . Le vin de grenache , prend ,parfois, avec l'âge, une belle couleur tuilée , car il est très sensible à l'oxydation. Il faut donc l'élever à l'abri de l'air, de la lumière, et de la chaleur. Il se marie parfaitement avec les vins de syrah, de mourvèdre, de morrastel et de bons carignan.

Les vignerons lui reprochent son défaut de réussite à la floraison , ils disent qu'il coule souvent. Mais une légère « coulure » est un avantage au moment de la maturité. En effet les grappes « claires » dont tous les grains peuvent capter le soleil, donnent de meilleurs vins que les grappes « pignées ».

C'est un grand cépage régional, difficile à conduire à la vigne et à la cave il peut donner de grands rouges mais aussi des choses insipides, peu colorées, déséquilibrées, avec beaucoup d'alcool et peu d'antocyanes. Il faut attendre la maturité phénolique, sans crainte pour les montées de potentiel d'alcool.C'est un jeu que certains vignerons refusent.

 

La Syrah :

Ce cépage noir a des origines gallo-romaines Pline le naturaliste, traite dans ses écrits, d'une vigne aminéenne noire appelée « syriacae ». Vienne la vineuse, capitale de la tribu Gallo-Romaine des Allobroges, a été rendus célèbre par ce cépage qui produisait le « Picatum », vin réputé dans l'Empire Romain. La syrah a été cultivée constamment dans un secteur précis des Côtes du Rhône nord : La Côte Rotie. De là elle s'est répandue dans tous les vignobles du sud de la France, lorsque la transformation qualitative de ce vignoble a eu lieu, avant de conquérir le nouveau monde viticole.

La syrah est reconnaissable à ses grappes de talle moyenne, aux grains petits et noir foncé, à ses sarments au port retombant, aux longues méritales fines, qui s'allongent parfois sur plusieurs mètres. Contenue à des rendements modérés, elle donne au vin des arômes de jeunesse, puissants et fruités, qui évoluent vers des parfums de violette si fin et caractéristiques. Élevés durant 12 mois, en cuve ou barriques, le vin de syrah constitue la base des grands vins rouges des AOP Languedoc.

Il existe un rapport étroit entre la grosseur du grain arrivé à maturité et la qualité finale du vin qui en est issu. Dans une certaine mesure, plus le grain est petit, plus le vin est grand, ceci se vérifie particulièrement avec la syrah.L'explication est simple, les tanins et les antocyanes, base qualitative des vins rouges, sont contenus dans les cellules de la peau du grain de raisin. Le rapport entre la surface de la peau du grain (et donc le nombre de cellules) et son volume est plus favorable à la qualité lorsque le grain est petit que lorsque le grain est gros.

 

Le Mourvèdre :

Il était cultivé , avant l'apparition du phylloxera,sous le nom de Espar ou Plant de Saint Gilles. Il aurait été amené de l’île de Rhôde, par l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem dont le siège était à Saint Gilles dans le Gard, et qui avait une succursale à Saint Christol, proche de Lunel. Dégénéré, il était devenu improductif. Repris par l'INRA en sélection massale puis clonale, il est revenu maintenant à un comportement plus productif, trop productif parfois et il faut le contenir par une culture appropriée, taille en vert, éclaircissage de la récolte, parfois même, par une surface entre les rangs enherbée.

Son feuillage est caractéristique, vert émeraude au verso argenté et duveté, ses sarments sont très érigés , durs , puissants, peu nombreux, et portent des grappes solidement implantées.Le vin de mourvèdre met longtemps à se faire, il reste bourru , mais lorsqu'il s'exprime enfin, il donne des tanins remarquables, qui s'associent parfaitement au grenache, à qui il confère une capacité d'élevage et de durée. Les vignerons et les spécialistes de la vigne , ne l'aiment pas trop, car il a mauvais caractère, il est difficile à conduire, a des difficultés à mûrir ses raisins, lorsqu'il n'est pas implanté et conduit avec précautions. Il préfère la proximité de la mer (exemple Bandol ou La Clape sud) ou les lieux abrités ,au levant , pied de falaises aux terres un peu profondes. Par contre les eonologues et les connaisseurs de grands vins, pensent que nous avons en lui le grand cépage rouge, donnant un vin puissant, noble, bâti pour durer.

 

Le Morrastel :

 

Ce cépage, proche par certains aspects du mourvèdre, était très cultivé dans l'aire Languedoc , surtout dans le secteur des garrigues, avant l'invasion phylloxérique. Il était adapté aux terrasses et pentes argilo-calcaires , résistait bien à la sécheresse estivale. Henry Bouchet de Bernard , président de la Société Centrale d'Agriculture de Montpellier, avait fait procéder en 1860 à des essais de vinification comparée des principaux cépages du Languedoc, suivis de dégustation. Le morrastel avait été classé parmi les meilleurs cépages de coteaux. Rappelons que Bouchet de Bernard a réalisé des métissages de cépages, sur sa propriété viticole de la Calmette à Mauguio. Certain des résultats de ces métissages sont connus et cultivés dans le monde entier, tel « l'Alicante Bouchet » issu du mariage du Grenache et du « petit Bouchet » lui même issu du mariage de « l'Aramon et du « Teinturier du Cher » Le cépage « teinturier du Cher » apporte une pulpe très colorée ce qui est très exceptionnel. Différents cépages du Languedoc avaient fait l'objet du même métissage dont le morrastel, appelé « Morrastel Bouschet » c'était le seul souvenir , dans les années 1980, de ce cépage dans la mémoire vigneronne du Languedoc. Pourtant, les archives viticoles de l'Abbaye de Valmagne, indiquent la présence très importante de ce cépage pur au 18° siècle.Il avait été oublié, lorsque la liste des cépages recommandés pour la viticulture du Languedoc avait été établie par le ministère de l'Agriculture. Nous avons obtenu de l'administration, après l'établissement d'un dossier argumenté, la reconnaissance de la qualité de « cépage recommandé » au morrastel. Son port érigé, sa résistance à la sécheresse estivale, en font un cépage tout a fait adapté dans les garrigues languedociennes. Ces garrigues qui portaient des vignobles pré-phylloxériques avaient été souvent abandonnées , au bénéfices des plaines , car faiblement productrices dans l'économie de vins de masse.

Les dégustations des vins de morrastel, a partir du vignoble expérimental de l'Abbaye de Valmagne , implanté par Philippe d'Allaine sur les terroirs qui le portait autrefois, suivi par la Chambre d'Agriculture de l'Hérault et l'INRA ont démontré son intérêt. En assemblage avec la syrah ou le mourvèdre, il apporte une structure, une charpente, une couleur et une originalité remarquable.10% dans un assemblage suffisent pour apporter au vin une spécificité et un agrément qui le distinguent de tous les autres.

 

Les règles de production pour l'AOP Languedoc fixent les cépages rouges de la façon suivante :

50% minimum de l'encépagement de la partie délimitée des parcelles AOP doivent être composé de

grenache noir, syrah et mourvèdre,

Les cépages complémentaires peuvent être du cinsault et (ou) du carignan noir.

La hiérarchisation des AOP Languedoc (Grès de Montpellier, Terrasse du Larzac, Pic Saint Loup,.......) entraîne des disciplines de production plus restrictives, cépages, densité de plantation, palissage, rendement du vignoble...

 

 

Jean Clavel

30/09/2014

22/09/2014

Vins AOP Pic Saint Loup

 

 

 

Il y a environ 10000 ans, les paysages méditerranéens étaient recouverts d’une forêt de chênes verts et de chênes blancs parfois hauts de 20mètres. L’homme d’alors est chasseur-cueilleur, son impact sur la forêt est très faible. Quatre mille ans plus tard, au néolithique, des peuplades “maîtrisant” l’agriculture viennent s’installer dans cette forêt, apportant avec elles des changements radicaux, défrichant pour créer des espaces ouverts. C’est l’acte de naissance de nouveaux paysages qui deviendront peu à peu les garrigues que nous connaissons.

 

 

 

Ager, patus, sylva Tout au long de l’histoire, les territoires de garrigue ont donné lieu à trois grands types d’usages: - les zones de parcours (c’est-à-dire de pâture) pour les moutons, formant de vastes territoires ouverts dominés par les herbacées et quelques bas arbrisseaux: c’est le patus, - la forêt, exploitée à diverses fins (et souvent en taillis): c’est la sylva, - les terres arables, principalement utilisées pour semer les céréales (le pain est la première des nourritures), mais aussi pour planter la vigne, l’olivier et quelques arbres fruitiers: c’est l’ager. Un équilibre s’instaure entre ces trois ensembles. Les troupeaux, par exemple, sont amenés sur les terres arables en dehors de la période de culture pour brouter les repousses et fumer (enrichir) le sol. Les céréales sont souvent semées entre les rangs d’oliviers: on parle de “cultures mariées”, une forme d’agroforesterie méditerranéenne. Selon l’évolution des populations et des pratiques agronomiques, ager, patus et sylva ont occupé des surfaces variables au cours du temps. La fin de l’exploitation traditionnelle des zones de garrigue signe la fin de cette trilogie.(source :Les Ecologistes de l'Euzière)

 

 

 

 

 

Activités agricoles dans la région du Pic St Loup,

Il faut distinguer la zone nord , dont le climat est marqué par des températures moyennes fraîches, des risques de gelées printanières, une pluviométrie abondante qui obligent à une sélection et adaptation culturale, limitant la vigne et l'olivier et la zone sud du Pic, au climat plus favorable à une diversité des cultures, ce qui a permis l'implantation de villages plus nombreux et plus peuplés.

Au 19° siècle coexistaient, au sud, plusieurs types de productions agricoles, d'élevage, d'exploitation des bois de chêne vert, en plus de la viticulture. Le paysages étaient étaient très différents de ceux de notre époque. L'exploitation des bois , pour la production de charbon de bois, favorisait l'entretien des voies d'accès, les troupeaux ovins très nombreux, pouvaient paître en sous bois ce qui favorisait leur entretien, les petits viticulteurs qui possédaient des chevaux de traits , assuraient le transport des fagots de sarments et de branchage de chêne verts vers les boulangers du bas pays et de Montpellier. Les troupeaux ovins pratiquaient la transhumance, par les « drayes » vers le plateau du Larzac ou vers les Cévennes, et le fumier des bergeries qui étaient libérées l'été, servait à enrichir les terres arables et les vignes. Les vignobles étaient sur les pentes des Coteaux,sur des îlots plus favorables, les bas-fonds servaient à produire des céréales et la nourriture des chevaux de traits. Les agriculteurs fréquentaient le marché hebdomadaire de Nîmes, spécialisé pour les productions ovines et non celui de Montpellier plus orienté sur le vin Sur les pentes les mieux exposées au levant et à l'abri des vents du Nord, des oliviers bien entretenu permettaient d'obtenir l'huile nécessaire à la famille pour la cuisine et l'éclairage. La chasse, qui n'était pas considéré comme un loisir, permettait d'améliorer l'ordinaire.

2°La viticulture :

 

Avant le 19° siècle , la diversité culturale était la règle, la production viticole était destinée à la consommation familiale et au marché local. Les transports plus lointains étaient très onéreux et c'est la mise en service des chemins de fer après 1850, (liaisons nationales et liaisons locales) qui a permis l'abaissement des coûts de transport (divisés par un facteur 10) et l'extension viticole.

Jusqu’à 1945 la production viticole du Pic Saint Loup était destinée à la consommation populaire, sans distinction d'origine, comme la majorité des vins du Languedoc .

Après la Libération, Philippe Lamour a été chargé par le ministre de l'Agriculture (Tanguy-Prigent) du Général de Gaulle, de réorganiser l'agriculture nationale. Il a obtenu du Ministre des Finances Mendès-France la possibilité de créer en 1946 une nouvelle catégorie de vins de qualité destinée aux régions n'ayant pas la possibilité d'utiliser les Appellations Contrôlées ,

ce qui était le cas de toutes les zones viticoles du sud de la France, les Vins Délimités de Qualité supérieure (VDQS). Il demanda aux maires des zones de Coteaux intéressés par cette mesure d'inscrire leur commune sur une liste de candidature et de demander aux vignerons de ces commune de se réunir en syndicats destinés à contrôler ces productions. Il créa aussi une fédération Nationale de ces syndicats dont il devint président et qui établirent avec l'appui du ministère les règles de production et de labellisation de ces vins. C'est ainsi que les maires d'une dizaine de communes du Pic Saint Loup demandèrent en 1950 à faire bénéficier les vignerons de leur commune de cette nouvelle législation, qui, dans un premier temps se limitait a définir les cépages et les grandes zones de production. Puis rapidement des règles plus précises furent mise en place, degrés minimum des vins , dégustation avant labellisation. En 1960, le professeur Milhau de la faculté de Sciences économiques et de l’École d'Agronomie de Montpellier, aussi maire de Saint Chinian, et président du nouveau Syndicat de Saint Chinian , créateur de la Cave coopérative de Causses et Veyran, proposa aux syndicats VDQS du Languedoc de se réunir en une Fédération Régionale sous le nom de Coteaux du Languedoc . J'étais alors , secrétaire général des jeunes agriculteurs de l'Aude et participais aux assemblée créatrices des Coteaux du Languedoc. Le Professeur Milhau avait demandé que l'on réglemente de façon plus complète la politique d'encépagement régionale en limitant le carignan à 50% de l'encépagement . Les responsables des Corbières et du Minervois, refusèrent cette règle et ont voulu rester au 100% carignan qu'ils pratiquaient Après de nombreuses réunions agitées , les Coteaux du Languedoc ont concerné les syndicats VDQS de l'Hérault, La Clape et le Quatourze dans l'Aude et Langlade dans le Gard. Je suis devenu directeur du Syndicat Coteaux du Languedoc en 1976, avec mission de développer cette appellation, d'améliorer sa notoriété, de la conduire au niveau des AOC ce que nous avons obtenu en décembre 1985.

En 2006, la législation europénne sur les vins a été modifiée, les AOC sont devenus les AOP (appellation d'origine protégée) et cette législation s'applique à tous les vins d'appellation produits en Europe

C'est sous le nom « Coteaux du Languedoc-PicSaint Loup » que la catégorie AOC s'est appliquée au Pic Saint Loup depuis 1985. L'étape suivante est l'accession de Pic Saint Loup à l'appellation indépendante communale. Cette évolution , plus sélective, impose des règles de production , délimitation parcellaire stricte en fonction de la qualité des sols, conduite et traitement de la vigne, adaptation des cépages. Les vignerons espèrent que la récolte 2015 sera la première dans la catégorie supérieure des vins, celle de l'AOP Communale « Pic Saint Loup ».

 

3°Détails communaux :

 

J'ai relevé dans un ouvrage paru en 1897 et décrivant les vignobles du Languedoc les renseignements concernant les communes viticoles du Pic Saint Loup (population, production, surface en vigne) que j'ai complété par les données administratives 2011 ( déclarations de récolte)  :

 

Ce terroir principalement argilo-calcaire, mais aussi de marnes, etait planté à la fin du 19° siècle d'aramon pour 60%, de carignan pour 25% et de 15% de métis Bouchet , (alicante) issu d'un croisement des cépages grenache noir, et teinturier du Cher (vins rouge). Ce métis est né à Mauguio, est maintenant connu dans le monde entier viticole, ses raisins à la pulpe très colorée, produisait un vin destiné a consolider la couleur rouge des vins de table, a dominante aramon gros producteur, mais faible en couleur

L'encépagement est complètement transformé en 2011:

majoritairement en AOP (règles européennes anciennement AOC), en cépages rouges, principalement Syrah, Mourvèvre, Grenache,quelques carignans et cinsault,

en IGP,(Réglement européen, anciennement vins de pays) quelques blancs chardonnay et sauvignon, en rouges cabernet-sauvignon et merlot .

 

Production des Caves coopératives (R. 2010):

Corconne.: 42 277 hl, Saint Mathieu de Tréviers 48 314 hl Assas: 38 672 hl. La Cave de Assas a intégré la CC de Claret, et celle de Saint Mathieu de Tréviers a intégré le CC de Valflaunès. (3 caves coopératives sur le secteur, avec plusieurs points de collecte)

 

Détail des populations, des surfaces en vigne et des productions en 1897 et en 2011 des différentes communes du Pic Saint Loup.

 

Saint Mathieu de Tréviers:1897: 403 hab. 250 ha.vignes,7500 hl. 2011:4660 hab.11250 hl dont 3116 hl en caves particulière, 28 exploitations agricoles, 464 ha vignes en production

 

Corconne, 1897:503 hab.980 ha. vignes 5000 hl. 2011: 562 hab.13742 hl.dont 570 hl en cave particulière, 217 ha en production

 

Vacquières,1897: 276 hab. 255 ha. de vignes 14000 hl.2011: 418 hab.14741 hldont 5440 en cave particulière, 19 E.A. 314 ha vignes

 

Saint Jean de Cuculles, 1897: 180 hab. 120 ha. de vignes, 5000 hl.2011: 443 hab 9614 hl. dont 2791 en cave particulière, 14 E.A. 147 ha vignes

 

Claret, 1897:640 hab.267 ha. de vignes, 10 000 hl 2011:1364 hab.14953 hl. dont 3321 hl en cave particulière, 32 EA. 320 ha vignes.

 

Lauret, 1897:357 hab.350 ha. de vignes 4000 hl.2011:564 hab.7280 hl. 12 EA, 153 ha vignes

 

Valflaunès, 1897: 409 hab. 200 ha. vignes 13 000 hl.2011 2714 hab. 24144 dont 9828 hl.en cave particulière, 23 EA 447 ha vignes

 

Fontanès, 1897: 127 hab.140 ha. vignes, 8550 hl.2011:249 hab.6399 hl. 4EA, 178 ha vignes

 

Sainte Croix de Quintillargues, 1897: 234 hab. Vignes 125 ha. 2700 hl.2011: 575 hab.1905 hl. 7EA 59 ha vignes

 

Assas, 1897: 287 hab. 350 ha. vignes 15 000 hl.2011:1527 hab.12432 hl 18EA 295 ha vignes

 

Saint Vincent de Barbeyrargues, 1897: 83 hab.50 ha. vignes 2500 hl.2011:660 hab.2526 hl. 7 EA

 

Guzargues, 1897: 110 hab. 145 ha. vignes, 2/3 Coteaux ou soubergues 5000 hl.

2011: 423 hab.5334 hl. 10 EA 124 ha. vignes

 

Cazevielle, 1897, non repertorié. 2011: 171 hab. 1 EA 45 ha.vignes

 

Sauteyrargues,1897: 147 hab.500 ha. vignes 16 000 hl.2012:325 hab. 2934 hl. 7 EA

205 ha vignes

 

Brouzet les Quissac,1897: 158 hab.150 ha. vignes 5000 hl.2011: 233 hab.8248 hl., 221 ha vignes

 

Le Triadou, 1897: 57 hab. 100 ha. vignes, 3500 hl. 2011: 372 hab.13 EA 125 ha. vignes

 

Les Matelles 1897: 456 hab. 140 ha. vignes 5000 hl.2011:1537 hab.8448 hl. 10EA 187 ha vignes

 

Saint Gély du Fesc,1897: 534 hab.325 ha. vignes 10 000 hl.2011: 8495 hab 2007 hl..20 EA 124 ha vignes.

 

Jean Clavel 22/09/2014